Convertis et musulmans issus de familles musulmanes : une division largement exagérée, gonflée
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Depuis quelque temps, certains discours internes donnent l’impression que les musulmans de France seraient profondément divisés entre « convertis » d’un côté et musulmans issus de familles maghrébines, africaines ou autres de l’autre. Cette lecture est largement exagérée, et parfois même déconnectée de la réalité du terrain. Les réseaux sociaux ne représentent clairement pas le terrain.
Une division marginale et rarissime
Dans la réalité quotidienne des mosquées, des associations, des cercles d’étude et des familles musulmanes, cette division est quasi inexistante.
Les cas de tensions réelles sont :
- ponctuels,
- localisés,
- souvent liés à des comportements individuels, non à une fracture structurelle.
Les ériger en problème central relève davantage d’une surexposition médiatique ou militante que d’un constat objectif. La grande majorité des musulmans vivent, prient, apprennent et s’entraident sans se définir par leur origine passée.
On ne reste pas “converti” toute sa vie
C’est un point fondamental trop souvent oublié :
👉 on ne se “convertit” pas à l’islam pour rester éternellement converti.
Le terme « converti » décrit :
- une étape,
- un moment de transition,
- un début de cheminement.
Après des années — parfois des décennies — de pratique, de science, de transmission et d’engagement, continuer à désigner une personne comme « convertie » n’a plus aucune pertinence religieuse.
Dans l’islam :
- il n’existe ni castes,
- ni statuts permanents hérités du passé,
- ni hiérarchie basée sur l’origine.
La foi, la pratique et le comportement effacent l’étiquette initiale.
Les compagnons eux-mêmes étaient tous… des convertis
Historiquement et théologiquement, le rappel est simple :
tous les Compagnons du Prophète ﷺ furent des convertis, y compris les Quraysh eux-mêmes.
Personne n’a jamais parlé :
- de « convertis de dix ans »,
- de « convertis à vie »,
- ni maintenu cette distinction comme identité durable.
L’islam n’a jamais figé les croyants dans leur passé, mais les a définis par leur présent de foi.
Une fixation qui finit par créer ce qu’elle prétend dénoncer
Insister excessivement sur une prétendue fracture convertis / non-convertis finit par produire un effet pervers :
👉 créer artificiellement une division qui, à l’origine, n’existe pas ou très peu.
À force de :
- nommer,
- catégoriser,
- opposer,
on transforme une simple diversité de parcours en ligne de fracture imaginaire.
L’enjeu réel : la maturité musulmane, pas l’origine
Le vrai critère en islam n’a jamais été :
- l’origine ethnique,
- l’histoire religieuse passée,
- ni le moment de l’entrée en islam.
Mais :
- la sincérité,
- la science,
- la droiture,
- le comportement,
- et l’engagement dans le bien.
Réduire la communauté musulmane française à des identités figées est non seulement théologiquement faux, mais aussi contre-productif dans un contexte où l’unité et la maturité collective sont plus nécessaires que jamais.
Conclusion
La division entre convertis et musulmans issus de familles musulmanes est :
- marginale dans les faits,
- exagérée dans les discours,
- et étrangère à l’esprit de l’islam.
L’islam ne fige pas les croyants dans leur passé :
il les élève par leur foi présente.
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