Désislamiser la Turquie : quand l’islam dérange parce qu’il réussit, parce qu’il revient dans la vie des gens...
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1. Un document révélateur, pas anodin
Parmi les documents aujourd’hui déclassifiés et archivés par le FBI, figure un échange d’e-mails privés datant de 2014.
Il ne s’agit pas d’un texte officiel, mais d’une correspondance authentique, conservée dans des dossiers de suivi, qui éclaire l’état d’esprit et les intentions de certains réseaux d’influence occidentaux.
L’auteur de l’e-mail se présente comme membre du conseil d’administration du prestigieux Robert College, un établissement élitiste d’Istanbul historiquement aligné sur une vision occidentale et libérale de l’éducation.
Son objectif est explicite : lever des fonds, notamment auprès de grandes fondations occidentales comme la Bill & Melinda Gates Foundation, afin de renforcer ce qu’il considère comme un rempart idéologique face à l’évolution de la Turquie.

2. « Islam conservateur » : un euphémisme idéologique
L’un des points centraux de cet e-mail est la dénonciation de ce que son auteur appelle la montée de « l’islam conservateur » en Turquie.
Or, cette expression n’est ni neutre ni innocente.
👉 L’islam conservateur n’est pas une dérive :
il correspond, dans les faits, à l’islam tout court, c’est-à-dire :
- une religion avec des normes,
- une morale assumée,
- une vision du monde structurée,
- une continuité historique.
Qualifier l’islam de « conservateur » revient à le disqualifier a priori, comme s’il devait nécessairement être :
- modernisé,
- édulcoré,
- ou réécrit pour être acceptable.
C’est une manière détournée de dire : « l’islam tel qu’il est vécu majoritairement pose problème ».
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3. Une obsession islamophobe masquée par le langage éducatif
Ce document montre une chose frappante :
l’islam n’est pas critiqué pour des faits précis, mais pour ce qu’il est et pour l’espace qu’il occupe.
Il n’est jamais question de violence réelle, de chaos ou de menace concrète.
Ce qui dérange, c’est :
- que la société turque assume davantage son identité musulmane,
- que cette identité ne s’effondre pas,
- qu’elle coexiste avec la réussite, la stabilité et l’ambition nationale.
Derrière le vocabulaire feutré de l’éducation et de la philanthropie, on perçoit une peur idéologique :
Et si un pays musulman pouvait réussir sans se dissoudre dans le modèle occidental ?
4. Réussir en étant musulman : le vrai scandale
Ce qui transparaît dans ce discours, c’est une jalousie mal dissimulée :
- jalousie de voir des sociétés musulmanes se structurer,
- jalousie de voir des États musulmans affirmer leur souveraineté culturelle,
- jalousie de constater que l’islam n’est pas incompatible avec l’excellence.
Pendant des décennies, un récit a été imposé :
Pour réussir, un pays musulman doit s’occidentaliser.
La Turquie, comme d’autres pays musulmans, remet en cause ce dogme.
Et cela est vécu comme une insolence.
5. Une condescendance héritée d’un vieux complexe de supériorité
Le ton de l’e-mail est révélateur d’un sentiment de supériorité morale et civilisationnelle :
- l’Occident se pose en gardien du progrès,
- l’islam est vu comme un retard à corriger,
- l’éducation devient un outil de réorientation idéologique.
Ce n’est pas un dialogue entre cultures, mais une logique de rééducation douce, où :
- l’élite locale acceptable est celle qui pense comme l’Occident,
- les autres sont perçus comme un danger latent.
Cette posture n’est pas nouvelle : elle prolonge une longue tradition de condescendance post-coloniale, simplement maquillée en bienveillance humaniste.
6. Désislamiser la Turquie… et au-delà
La Turquie n’est pas un cas isolé.
Elle est un laboratoire.
Ce que révèle ce document, c’est une volonté plus large :
- désislamiser les sociétés musulmanes par l’élite,
- influencer la jeunesse par des institutions éducatives ciblées,
- neutraliser l’islam non par la force, mais par la normalisation idéologique.
Quand cela échoue, le vocabulaire se durcit :
- « dérive conservatrice »,
- « menace pour les valeurs »,
- « inquiétude démocratique ».
Mais le fond reste le même :
👉 l’islam assumé est jugé illégitime dès lors qu’il ne se soumet pas.
7. Conclusion : l’islam n’a pas à s’excuser d’exister
Ce document ne prouve pas un complot global.
Il montre quelque chose de plus banal — et donc de plus inquiétant :
- une hostilité structurelle à l’islam vécu,
- une incapacité à accepter la réussite musulmane,
- une vision du monde où l’Occident se pense encore comme la norme universelle.
L’islam n’a pas besoin d’être « corrigé » pour être légitime.
Il n’a pas à être dilué pour être moderne.
Et surtout, il n’a pas à s’excuser d’exister et de réussir.
