Dieu existe-t-il ?
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Les arguments rationnels majeurs en faveur de l’existence de Dieu
Le débat entre le mufti Shamail Nadvi et Javed Akhtar (un athée indien) n’est pas un affrontement émotionnel entre foi et athéisme. Il met en lumière une question centrale : peut-on établir rationnellement l’existence de Dieu, indépendamment des textes religieux ?
Contrairement à une idée répandue, les arguments en faveur de l’existence de Dieu ne reposent pas uniquement sur la foi aveugle ou la Révélation. Ils s’appuient sur des principes philosophiques fondamentaux, partagés par la raison humaine depuis Aristote jusqu’aux penseurs contemporains.
Voici les principales répliques et démonstrations rationnelles avancées dans ce débat.
1. La science ne peut ni prouver ni réfuter Dieu
Premier point essentiel : la science n’est pas l’outil approprié pour trancher la question de Dieu.
La science repose sur :
- l’observation,
- l’expérimentation,
- le monde physique et mesurable.
Or Dieu, par définition, n’est pas une entité physique. Demander une preuve scientifique de Dieu revient à utiliser un outil inadéquat, comme vouloir détecter du plastique avec un détecteur de métaux.
👉 Conclusion :
L’absence de preuve scientifique de Dieu n’est pas une preuve de son inexistence. La science est neutre sur la question.
2. Le cœur du débat : la raison (et non la foi)
Le mufti Nadvi pose une règle claire et honnête :
- pas d’arguments tirés des Écritures,
- pas d’arguments émotionnels,
- uniquement des arguments rationnels et logiquement contraignants.
La question devient donc :
La raison humaine peut-elle rendre compte de l’existence de l’univers sans postuler une cause première ?

3. L’argument de la contingence (argument central)
a) Qu’est-ce qu’une chose contingente ?
Une chose est contingente si :
- elle aurait pu ne pas exister,
- elle dépend d’autre chose pour exister.
Exemples :
- un être humain,
- une planète,
- une étoile,
- l’univers lui-même.
👉 L’univers n’est pas nécessaire : il aurait pu ne pas exister, ou exister autrement.
b) Tout ce qui est contingent a une cause
C’est un principe rationnel élémentaire :
- ce qui dépend ne peut pas être auto-suffisant,
- ce qui commence à exister nécessite une explication.
Dire que l’univers s’est “fait tout seul” n’est pas une explication, mais un abandon de la raison.
c) L’impossibilité de la régression infinie des causes
Deux options seulement existent :
- Une chaîne infinie de causes (cause → cause → cause → à l’infini)
- Une cause première non causée
La première option est logiquement impossible :
- si tout dépend toujours d’autre chose,
- alors rien ne commence jamais à exister.
👉 Sans point d’arrêt, rien n’existerait aujourd’hui.
d) La nécessité d’un Être nécessaire
La raison impose donc l’existence d’un Être nécessaire, c’est-à-dire :
- dont la non-existence est impossible,
- qui ne dépend de rien,
- qui est la cause de tout le reste.
Cet Être est :
- indépendant (sinon il serait contingent),
- éternel (sans commencement),
- puissant (il actualise l’existence),
- intelligent (l’univers suit des lois précises).
👉 C’est exactement ce que l’on désigne par “Dieu”.
4. La fausse échappatoire : « l’univers s’est toujours auto-suffi »
Certains affirment :
“Pourquoi ne pas dire que l’univers est éternel et auto-existant ?”
Réponse rationnelle :
- l’univers est lié au temps et à l’espace,
- ce qui est lié au temps ne peut pas être éternel,
- ce qui a un commencement est contingent.
Dire que l’univers est “nécessaire” revient à confondre le créé et le créateur.

5. Le sophisme du « Dieu des lacunes »
Argument souvent invoqué :
“Avant, on expliquait les phénomènes par Dieu. Aujourd’hui, la science les explique.”
Réplique essentielle :
- expliquer comment une chose fonctionne n’explique pas pourquoi elle existe,
- découvrir un mécanisme n’élimine pas la cause première.
👉 Comprendre le moteur d’une voiture n’annule pas l’existence du constructeur.
La science décrit les moyens, pas l’origine ultime.
6. Le problème du mal n’invalide pas Dieu
L’argument émotionnel classique :
“S’il y a un Dieu, pourquoi le mal existe-t-il ?”
Réponse rationnelle :
- Le mal n’est pas une “chose” autonome, mais un usage déviant de la liberté
- Sans liberté, il n’y a :
- ni responsabilité,
- ni justice,
- ni moralité réelle
- Un monde sans possibilité du mal serait un monde de robots, pas d’êtres moraux
👉 L’existence du mal suppose un cadre moral objectif, qui lui-même suppose un fondement transcendant.

7. Sans Dieu, aucune morale objective n’est possible
Si Dieu n’existe pas :
- le bien et le mal deviennent des conventions,
- la majorité décide ce qui est “juste” ou “injuste”.
Conséquence logique :
- si une société vote l’oppression, elle devient moralement valide,
- aucune injustice ne peut être condamnée objectivement.
👉 Pourtant, même les athées parlent de “crime”, “injustice”, “oppression”.
👉 Ils utilisent donc des catégories morales objectives qu’ils ne peuvent pas fonder.

8. Le renversement final
Le débat révèle une inversion frappante :
- Le théisme repose sur :
- des principes rationnels stables,
- une explication cohérente de l’existence,
- une morale fondée.
- L’athéisme repose sur :
- l’absence d’explication ultime,
- le refus de conclure,
- des valeurs empruntées sans fondement.
👉 Refuser Dieu n’est pas plus rationnel : c’est refuser de tirer les conséquences de la raison.
Conclusion
L’existence de Dieu ne repose pas sur un “saut irrationnel”, mais sur une exigence logique :
- quelque chose existe,
- ce quelque chose est contingent,
- la contingence exige une cause,
- la régression infinie est impossible,
- donc un Être nécessaire existe.
On peut refuser cette conclusion, mais on ne peut pas la réfuter sans abandonner la raison elle-même.
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