L’une des problématiques majeures du texte biblique actuel réside dans les récits portant atteinte à la dignité des prophètes. Parmi les exemples les plus flagrants figure celui du prophète de Dieu Hârûn (Aaron), paix sur lui, que la Torah présente — dans sa version contemporaine — comme l’artisan du veau d’or, celui-là même que les enfants d’Israël adorèrent en l’absence de Moïse.

Un tel récit, lourd d’implications théologiques, pose une question fondamentale :
est-il raisonnable de croire qu’un prophète envoyé par Dieu pour guider son peuple vers le monothéisme puisse fabriquer une idole et les inviter à l’adorer ?

La Torah contemporaine insulte le Prophète Loth paix sur Lui
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Le récit biblique : un prophète accusé d’idolâtrie

Dans L’Exode (32/1), on lit que les enfants d’Israël, voyant que Moïse tardait à revenir de la montagne, se seraient rassemblés autour d’Aaron paix sur Lui pour lui dire : « Fais-nous un dieu qui marche devant nous. »

Le texte poursuit en affirmant que :

« Aaron prit l’or de leurs mains, le façonna avec un burin et fit un veau. Ils dirent alors : “Voici ton dieu, Israël !” »

Ainsi, selon la Torah actuelle, Aaron — prophète honoré par Dieu, compagnon de Moïse et soutien de sa mission — aurait lui-même façonné l'idole et encouragé son peuple à l’adorer.

Une telle narration comporte un grave problème : elle accuse un prophète élu, purifié et chargé de transmettre un message divin d’avoir commis le plus grand péché : l’associationnisme.

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Une accusation incompatible avec la mission prophétique

Le simple bon sens suffit à rejeter une telle revendication.
Comment imaginer qu’un homme envoyé par Dieu, destiné à appeler son peuple au Tawhîd (Rendre Unique Le Créateur dans l'Adoration), puisse :

  • construire de ses mains un veau d’or,
  • le présenter comme une divinité,
  • et inciter des milliers d’hommes à l’adoration de cette idole ?

Un prophète, par définition, est le guide de son peuple.
Il est le premier à condamner l’idolâtrie, non à la cautionner ou à la créer.

Attribuer une telle faute à Hârûn revient à remettre en cause la sagesse divine dans le choix de Ses messagers.
— Et il est impossible que Dieu confie Sa révélation à un homme qui trahirait Sa mission dès la première épreuve.

Le Coran rétablit la vérité

Le Coran apporte un éclairage décisif sur cet épisode. Il affirme explicitement que ce n’est pas Hârûn, mais le Samaritain, qui fabriqua le veau et égara le peuple.

Lorsque Moïse revient vers son peuple, Dieu lui annonce :
﴿ فَإِنَّا قَدْ فَتَنَّا قَوْمَكَ مِن بَعْدِكَ وَأَضَلَّهُمُ السَّامِرِيُّ ﴾
Sourate Tâ-Hâ, v. 85
« Nous avons mis ton peuple à l’épreuve après ton départ et le Samaritain les a égarés. »

Quant à Hârûn, il est présenté comme un modèle de droiture, s’opposant fermement à l’idolâtrie :
﴿ وَلَقَدْ قَالَ لَهُمْ هَارُونُ مِن قَبْلُ يَا قَوْمِ إِنَّمَا فُتِنتُم بِهِ ۖ وَإِنَّ رَبَّكُمُ الرَّحْمَٰنُ فَاتَّبِعُونِي وَأَطِيعُوا أَمْرِي ﴾
Sourate Tâ-Hâ, v. 90
« Aaron leur avait pourtant dit auparavant :
Ô mon peuple ! Vous êtes tombés dans une tentation. Votre Seigneur est certes le Tout-Miséricordieux. Suivez-moi donc et obéissez à mon ordre. »

Le Coran dépeint ainsi un prophète fidèle, qui :

  • met son peuple en garde,
  • leur rappelle le monothéisme,
  • et leur ordonne d’abandonner l’idolâtrie.

Cette version n’est pas seulement plus honorable : elle est cohérente avec la mission même de la prophétie.

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Une preuve de l’altération des textes antérieurs

Le dénigrement d’un prophète comme Hârûn constitue une indication majeure que les récits bibliques ont subi des ajouts, des modifications ou des interprétations étrangères à la révélation divine originelle.

Un texte qui accuse un prophète d’un péché aussi grave ne peut être présenté comme une Parole parfaitement préservée de Dieu.

Comme l’ont montré plusieurs savants musulmans spécialisés dans l’étude comparative des religions, ces passages reflètent davantage des récits transmis par les Israélites eux-mêmes — avec leurs erreurs, leurs exagérations et leurs contradictions — que la pure parole révélée.

Conclusion : restaurer l’image des prophètes

L’Islam enseigne que tous les prophètes sont des modèles de foi, d’honnêteté et de pureté. Ils ne trompent pas leurs peuples, ne les induisent pas en erreur et ne commettent pas les grands péchés, encore moins l’idolâtrie.

Le cas de Hârûn (paix sur lui) illustre combien il est essentiel de distinguer :

  • la révélation authentique,
  • des récits reconstruits après des siècles de transmissions humaines.

Le Coran, en restaurateur de la vérité, rend justice au prophète Aaron et rappelle :
les messagers de Dieu ne peuvent être les fabriquants des idoles que Dieu leur ordonne de détruire.