La chasse aux bouteilles d'eau - RATP - France : quand la lutte contre ledit « islamisme » vire au ridicule islamophobe
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Depuis plusieurs années, la France s’enfonce dans une dérive inquiétante : sous couvert de lutte contre le terrorisme et l’« entrisme islamiste », c’est désormais l’islam en tant que pratique ordinaire qui est visé, soupçonné, traqué, réglementé, jusqu’au grotesque. Ce qui relevait hier de l’exception sécuritaire devient aujourd’hui une norme administrative absurde, souvent illégale, toujours humiliante.
L’affaire révélée début janvier 2026 autour de la RATP en est une illustration presque caricaturale — si ses conséquences n’étaient pas aussi graves.

Une “chasse aux bouteilles d’eau” symptomatique d’un malaise français
Le 2 janvier 2026, le Conseil Français du Culte Musulman publiait un communiqué cinglant.
En cause : une note interne à la RATP, révélée par L’Humanité, recommandant le retrait des bouteilles d’eau en plastique dans les toilettes, afin d’empêcher certains salariés musulmans de faire leurs ablutions.
Oui, nous en sommes là.
En 2026, en France, on soupçonne des employés musulmans jusque dans les lieux d’aisance, on organise une surveillance indirecte de leur pratique religieuse, et l’on prétend appeler cela… la laïcité.
Pire encore : la note évoquerait une information donnée aux managers sur les horaires précis des cinq prières quotidiennes, afin d’« intensifier les contrôles » à ces moments-là.
Autrement dit, une surveillance ciblée fondée sur l’appartenance religieuse supposée.
Laïcité dévoyée, République humiliée
Il faut le dire clairement :
👉 Ce n’est plus de la laïcité.
👉 Ce n’est plus de la neutralité.
👉 C’est une obsession islamophobe institutionnalisée.
La laïcité française, censée garantir la liberté de conscience, est désormais utilisée comme arme idéologique, détournée pour justifier des mesures :
- sans base juridique solide,
- sans lien avec la sécurité,
- sans proportionnalité,
- et souvent contraires aux libertés fondamentales.
À force de vouloir traquer un ennemi imaginaire dans chaque geste du quotidien, l’État et certaines grandes institutions se ridiculisent sur la scène internationale, tout en fracturant le pacte social de l’intérieur.
Des musulmans transformés en suspects permanents
Ce que révèle cette affaire, ce n’est pas une dérive isolée, mais un climat général de suspicion :
- Porter une charlotte à l’hôpital devient suspect.
- Avoir une barbe devient problématique.
- Prier discrètement devient une alerte managériale.
- Une bouteille d’eau devient un “outil d’entrisme”.
À ce stade, il ne s’agit plus de lutter contre ledit "extrémisme", mais de rendre la vie professionnelle invivable à des citoyens musulmans parfaitement intégrés, qui travaillent, cotisent, soignent, transportent, nettoient, enseignent et font tourner le pays.
Comme le rappellent justement certains, ces femmes et ces hommes contribuent pleinement au bien commun. Les transformer en suspects par principe est une faute morale, politique et juridique.
Une pente dangereuse pour l’État de droit
Le plus grave n’est peut-être pas le ridicule de ces mesures, mais leur banalisation.
Lorsqu’un État commence à :
- ficher indirectement des pratiques religieuses,
- organiser des contrôles ciblés sur une base confessionnelle,
- tolérer des discriminations internes “préventives”,
- geler les avoirs de Musulmans engagés et aux revenus modestes,
il glisse dangereusement vers une logique de harcèlement administratif, incompatible avec l’État de droit.
C’est pourquoi il faut saisir à nouveau le Défenseur des droits, ultime rempart face à des institutions qui semblent parfois avoir perdu le sens de leurs propres principes.

La phrase interdite : "L’islamophobie d’État" : un poison pour la société
Qu’on le dise sans détour :
👉 l’islamophobie contemporaine n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme.
👉 Elle est devenue un outil politique, un exutoire médiatique, un carburant électoral.
Elle fracture la société, nourrit le ressentiment, et alimente précisément ce qu’elle prétend combattre : la défiance, la radicalisation des discours, et la rupture entre citoyens.
Une République forte n’a pas peur d’une prière silencieuse.
Une démocratie mature ne tremble pas devant une bouteille d’eau.
Un État sûr de lui n’humilie pas une partie de sa population pour masquer son impuissance politique.
Conclusion : trop, c’est trop
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement le cas de la RATP.
C’est l’image de la France, sa crédibilité, et son rapport à ses propres principes qui sont en jeu.
Si la lutte contre les extrémismes se transforme en chasse aux musulmans, alors ce n’est plus la République qui se défend —
👉 c’est la République qui se renie.
La France mérite mieux que ce spectacle.
Ses citoyens musulmans aussi.
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