En France, un paradoxe persistant empoisonne le débat public : la réussite musulmane dérange, non pas parce qu’elle poserait un problème réel, mais parce qu’elle contredit un récit devenu dominant, celui d’un islam forcément problématique, étranger ou incompatible. Et aussi parce que beaucoup sont rongés par la jalousie, refusent de partager et ne supportent pas de voir cette réussite musulmane se concrétiser., Dès lors, toute avancée — collective ou individuelle — est surveillée, réinterprétée, suspectée.

Ce mécanisme d'entrave à la réussite n’a rien de nouveau. Il est simplement devenu plus sophistiqué.


Le piège des mots : comment l’on fabrique la suspicion

Lorsque les musulmans ont commencé, comme d’autres communautés avant eux, à s’organiser, s’entraider, créer des associations, des entreprises, des initiatives éducatives ou culturelles, un terme leur a immédiatement été opposé : communautarisme.


Pourtant, personne n’a jamais remis en question l’existence :

du monde associatif juif très structuré,

des réseaux catholiques bien établis,

des cercles protestants,

des solidarités asiatiques,

des écoles privées communautaires reconnues et soutenues.

En France, le communautarisme d’entraide a toujours été un fait social admis.
Mais lorsque des musulmans reprennent ce modèle, il devient subitement inquiétant.


L'entrisme :

Alors, lorsque ce mot ne suffisait plus, un autre a été inventé : l’entrisme.
Le même phénomène, mais recouvert d’une terminologie plus menaçante.


Puis sont venus les mots-valises : frérisme, islamisme, séparatisme, islamo-gauchisme… Autant d’expressions qui ne définissent rien, mais permettent de désigner toujours les mêmes.

On ne décrit pas des réalités : on fabrique des étiquettes pour bloquer des citoyens.


Pourquoi le hijab n’était pas un problème… jusqu’à la réussite des Musulmanes ?


Pendant des décennies, une femme musulmane voilée ne dérangeait personne tant qu’elle restait cantonnée à des métiers invisibilisés.
Femme de ménage ?
Employée de nettoyage ?
Agent d’entretien ?

Aucun scandale national.
Aucun débat sur la République.
Aucune une de journal.

Mais lorsque ces mêmes femmes :

obtiennent des diplômes,

deviennent juristes, médecins, avocates, entrepreneures,

ou s’imposent comme figures de réussite…

… le hijab devient brusquement un “problème”.
Pourquoi ?


Parce que ce n’est pas le voile qui dérange : c’est la réussite voilée, la réussite Musulmane.


Il faut alors lui inventer de nouvelles significations :

“soumission”,

“menace pour l’égalité”,

“symbole islamiste”.

De la même façon qu’on a réinventé :

le mot “frériste” pour dire “musulman engagé”,

le mot “islamiste” pour dire “musulman pratiquant”,

le mot “séparatiste” pour dire “musulman visible”.


Le “bon musulman” fantasmé : celui qui n’est plus musulman


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Une idée s’installe dans une partie du monde intellectuel :

« Le bon musulman, c’est celui qui a abandonné son islamité. »

On folklorise l’islam pour mieux le vider :

on tolère le couscous,

on accepte le Ramadan “culturel”,

on fait de l’Aïd un folklore,

mais on rejette ce qui touche à la foi, aux valeurs, à la pratique réelle.

Ainsi, un musulman qui assume son identité religieuse devient immédiatement :

radical,

suspect,

communautariste,

“à surveiller”.


Le message implicite est limpide : réussis si tu veux, mais sans ton islam.


Du racisme d’hier à l’islamophobie d’aujourd’hui : la même matrice

Dans certaines régions de France, les discours racistes des années 70–80 visaient les Maghrébins. Aujourd’hui, on a simplement changé le vocabulaire.

Avant, on disait :
“ils profitent du système”,
“ils travaillent pas”,
“ils ont trop d’enfants”.

Pourtant, la réalité était l’inverse :
la majorité travaillaient dur, parfois jusqu’à briser leur dos.

Aujourd’hui, la même population est visée, mais sous un autre angle :
on accuse non plus le “Maghrébin”, mais “l’islam”.

Le racisme n’a pas disparu :
il a simplement appris à parler le langage de la respectabilité médiatique.


La miséricorde et la magnanimité : l’antidote musulman


Face à cette mécanique, la réponse que propose Islam & Culture n’est pas la colère, mais la dignité.

L’Islam appelle à la noblesse :

Allah Ta3ala Dit : « Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour l’univers. »

Le Prophète paix sur Lui a dit : « Aucun de vous ne sera croyant jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »

Répondre à la haine par la miséricorde n’est pas naïveté :
c’est intelligence spirituelle et morale.


Quand certains appellent à la peur : la fabrication du “scénario Mad Max”

Cette scène que je montre dans la vidéo et dans l'article en lien Twitter est révélatrice : on suggère que l’ascension de certaines minorités serait une menace pour d’autres.

On parle de “blocage”, de “marginalisation”,
comme si la réussite était un stock limité
et que la promotion de certains devait forcément se faire au détriment d’autres.


Puis viennent les prophéties de chaos :

“guerre civile”,

“insurrection”,

“banlieues prêtes à casser”,

“France au bord du gouffre”.

Ces projections ne décrivent pas la réalité : elles préparent psychologiquement à rejeter, à surveiller, à discriminer. C’est un outil politique, pas une analyse sociologique.


Proposer d’autres projections : reconstruire la France plutôt que la fracturer

Le projet porté par Islam & Culture repose sur une simple conviction :
la France doit accepter tous ses enfants, quels que soient leur religion ou leur couleur.

Cela n’implique pas :

d’ouvrir les frontières sans contrôle,

d’abandonner l’ordre public,

ou de nier les problèmes réels.

Cela implique de cibler les vrais dangers :

les trafics,

la criminalité,

la drogue,

les violences,

les réseaux criminels.

Et d’arrêter de gaspiller des millions à surveiller des musulmans innocents qui n’ont rien à se reprocher.

Un vivre-ensemble à reconstruire

Ce pays peut retrouver :

la sagesse,

la justice,

la fraternité,

la lucidité perdue.


Mais cela exige une volonté collective et un refus ferme de la haine entretenue par certains milliardaires et groupes d’influence qui profitent de la division.


Le vivre-ensemble ne se décrète pas. Il se construit :

par la parole juste,

par la connaissance,

par la miséricorde,

par le respect mutuel,

par l’effort sincère.


Conclusion : accepter la réussite de tous, c’est accepter la France

La France n’est pas un pays destiné à la réussite d’un seul groupe.
Elle appartient à tous ceux qui la construisent, qui y travaillent, qui y vivent, qui y espèrent.

La réussite musulmane ne doit pas être un motif d’inquiétude,
ni un prétexte de suspicion, mais une chance, un enrichissement, une normalité.

Empêcher un citoyen de réussir à cause de sa foi, c’est trahir les valeurs que la France prétend enseigner.


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