Introduction : un projet machiavélique derrière le vernis du dialogue

Sous des termes séduisants comme tolérance, fraternité humaine ou dialogue interreligieux, se déploie aujourd’hui un projet idéologique d’une extrême gravité : l’abrahamisme pro-dépalestinisation et clairement hostile au Tawḥîd.

C’est ce que démontre avec précision le livre récent du Dr محمد العوضي qui alerte sur une entreprise globale visant à détruire le Tawḥîd, dissoudre l’identité musulmane et normaliser l’occupation sanguinaire.

Loin d’être un simple débat théologique, l’abrahamisme constitue un outil politique, culturel et "spirituel" au service d’un nouvel ordre régional et international.


1. De la cause palestinienne au “conflit familial”

Depuis les accords d’Abraham (septembre 2020), la question palestinienne a subi une mutation discursive majeure. Elle n’est plus présentée comme une occupation coloniale, alors que c'est le cas, mais comme un désaccord historique entre “fils d’Abraham”, supposément réconciliable par la fraternité religieuse alors que les Palestiniens sont confrontés à une dépalestinisation cruelle et sanguinaire depuis presque un siècle.

Cette rhétorique, explicitement revendiquée par Jared Kushner (marié depuis 2009 à Ivanka Trump, fille aînée de Donald Trump, 45ᵉ et 47ᵉ président des États-Unis.), vise à :

  • dépolitiser l’occupation, l'occulter, la rendre invisible,
  • neutraliser la Parole Palestinienne, la douleur Palestinienne, la Parole Musulmane,
  • et transformer une injustice actuelle en simple querelle mémorielle malgré les massacres massifs de Palestiniens, malgré la dépalestinisation radicale.

Or, comme le rappelle l’auteur, ceux qui diffusent ce discours n’y croient pas eux-mêmes : il s’agit d’un message idéologique destiné aux peuples qui sont ciblés pour être asservis, affaiblis et non d’une conviction réelle.


2. L’abrahamisme n’est pas une religion, mais une idéologie

Le projet abrahamique ne cherche pas forcément à créer une nouvelle religion formelle, mais à vider les religions existantes de leur substance.

On " reste musulman, chrétien ou juif " — mais :

  • sans exclusivité doctrinale,
  • sans vérité révélée normative,
  • sans mission,
  • sans distinction claire entre vérité et faux.

L’islam se trouve ainsi de plus en plus réduit à une identité culturelle, à du couscous comme diraient certains, tandis que ses dimensions de sens global, de normativité et de mobilisation collective sont largement mises à distance.

Allah Le Sublime Dit : « Certes, la religion acceptée auprès d’Allah est l’Islam. » (Coran, sourate Âl-‘Imrân, 3:19) ; « Et quiconque désire une autre religion que l’Islam, cela ne sera jamais accepté de lui, et dans l’au-delà il sera parmi les perdants. » (Coran, sourate Âl-‘Imrân, 3:85)


3. La première arme : la reconfiguration de l’identité

Le cœur du projet repose sur une ingénierie identitaire :

  • sélection de versets et hadiths à tonalité humaniste générale,
  • mise en avant de l’amour et de la tolérance,
  • neutralisation des notions de Da'wah, de différence entre la croyance vraie, authentique et l'incroyance, la déviance.

Le conflit, l'occupation sanguinaire n’est plus nommé comme oppression, mais comme manque de compréhension mutuelle. Le vocabulaire de l’occupation disparaît au profit de celui de la coexistence abrahamique. Ainsi la dépalestinisation continue, et d'autres injustices : quant à celui qui oserait s'en plaindre et bien, il sera alors qualifié d'intégriste, de terroriste, d'intolérant, etc.


4. La destruction des concepts : quand les mots survivent, mais meurent de l’intérieur

Comme le souligne le Dr العوضي, les concepts sont des réservoirs de valeurs.
L’abrahamisme ne supprime pas les termes islamiques : il les vide de leur sens et ce processus est un cheval de Troie conceptuel. Le But est de vider l'Islam


5. La "spiritualité" comme cheval de Troie

L’un des axes les plus dangereux du projet est l’instrumentalisation de la "spiritualité", notamment du soufisme.

Pourquoi ?

  • parce qu’elle évite les débats doctrinaux,
  • parce qu’elle touche l’émotionnel,
  • parce qu’elle transforme la religion en expérience individuelle dépolitisée.

Le résultat :

  • disparition de la fonction mobilisatrice de l’islam,
  • réduction du Prophète ﷺ à un “humaniste inspirant”,
  • évacuation de la prophétie comme révélation normative.

La diplomatie spirituelle remplace la Da'wah, la résistance aux déviances, aux annulatifs de l'Islam et l’engagement Musulman/Islamique.


6. Institutions, rituels et mise en scène

L’abrahamisme se matérialise par :

  • le “Temple de la famille abrahamique” (mosquée, église, synagogue réunies),
  • des prières interreligieuses inventées,
  • des festivals culturels religieux hybrides,
  • des formations "sectaires" pour " imams ", " éducateurs " et jeunes.

Ces structures ne sont pas symboliques :
elles bénéficient de financements massifs (Banque mondiale, institutions occidentales) et sont soutenues par des États.


7. L’éducation : champ de bataille central

Alors que des manuels scolaires renforcent des idées islamophobes, les programmes arabes et musulmans, eux, sont :

  • expurgés de la résistance aux déviances et égarements divers,
  • vidés du récit historique,
  • alignés sur la citoyenneté mondiale apolitique.

Deux projets éducatifs opposés, un seul vainqueur.


8. Le rôle des “savants domestiqués”

Les acteurs religieux qui ont servi — volontairement ou non — ce projet seront donc choisis contrairement aux savants sincères et authentiques qui ne servent pas les intérêts de la, disons le franchement, désislamisation, qui quant à eux seront souvent ciblés, éprouvés par ces mécaniques.

Celui qui dérange l’ordre établi pourra donc, alors qu'il n'a rien à se reprocher, subir de nombreuses injustices…


9. Une condamnation claire existe… mais elle est oubliée

La fatwa historique du comité des grands savants d’Arabie saoudite sous l’autorité de الشيخ ابن باز رحمه الله est sans ambiguïté :

  • interdiction de l’unité des religions (c'est-à-dire : il n'y a que l'Islam qui est la Vérité - il n'est pas question de violence mais de vérité ici : les religions ne se valent pas car il y a la vérité, l'Islam, et le faux),
  • rejet des temples mixtes,
  • condamnation de la dilution doctrinale.

Cette fatwa montre que le danger est ancien et identifié — mais aujourd’hui marginalisé.


Conclusion : vigilance intellectuelle et résistance doctrinale

L’abrahamisme n’est ni paix, ni dialogue sincère. C’est un projet de domestication du religieux, au service de la domination politique et de la normalisation de l’injustice. C'est d'ailleurs certainement pour cette raison que ceux qui appellent à massacrer les palestiniens et qui les qualifient d'animaux évoquent souvent ce projet ?!!

Face à cela, la réponse doit être la lucidité intellectuelle, une fidélité au Tawḥîd, et une transmission consciente de l’islam dans toutes ses dimensions : croyance, loi, éthique, certitude, refus de l'humiliation et espérance.

“Celui qui est dans un "islam" vidé a déjà quitté l'islam sans le savoir”

Lien de soutien : https://ko-fi.com/parolemusulmane