Le Venezuela, le pétrodollar et la survie du dollar américain
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Ce que l’on ne vous dit jamais sur les véritables raisons des ingérences américaines
On nous parle de drogue, de terrorisme, de démocratie menacée.
Mais lorsqu’on observe l’histoire récente avec rigueur, un fil conducteur apparaît, constant, implacable : le dollar.
Plus précisément, le système du pétrodollar, pilier central de l’hégémonie économique américaine depuis un demi-siècle.
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1. Le pacte fondateur : 1974, Henry Kissinger et l’Arabie saoudite
En 1974, les États-Unis concluent un accord stratégique avec l’Arabie saoudite :
- Tout le pétrole vendu dans le monde sera coté en dollars
- En échange, Washington garantit la protection militaire du royaume
Ce pacte crée une situation inédite dans l’histoire monétaire :
👉 Chaque pays doit détenir des dollars pour acheter de l’énergie.
Résultat :
- Demande mondiale artificielle de dollars
- Capacité pour les États-Unis d’imprimer leur monnaie sans contrepartie réelle
- Financement des déficits, de l’armée, de la puissance impériale
Le pétrodollar devient plus important que les porte-avions.

2. Le Venezuela : une menace systémique
Le Venezuela possède 303 milliards de barils de réserves prouvées, soit les plus importantes du monde, devant l’Arabie saoudite.
Mais ce n’est pas la quantité qui inquiète Washington.
C’est la stratégie monétaire.
À partir de 2018 :
- Caracas annonce vouloir se libérer du dollar
- Vente du pétrole en yuans, euros, roubles
- Demande d’adhésion aux BRICS
- Mise en place de circuits financiers hors SWIFT
- Coopérations renforcées avec la Chine, la Russie et l’Iran
👉 Un pays capable de financer la dédollarisation pendant des décennies.

3. Le précédent historique : contester le dollar, subir la guerre
Le schéma n’est pas nouveau.
Irak – 2000
- Saddam Hussein annonce vendre son pétrole en euros
- 2003 : invasion
- Retour immédiat au dollar
- Les « armes de destruction massive » n’ont jamais existé
- Chaos, anarchies, meurtres, viols, injustices et apparition de el Qaeda et de Daech
Libye – 2009
- Muammar Gaddafi propose un dinar africain adossé à l’or
- Des courriels internes américains reconnaissent que cette initiative était un facteur majeur de l’intervention
- 2011 : bombardement de l’OTAN, effondrement de l’État libyen
- Apparition de Daech
- Le projet monétaire disparaît avec lui
👉 À chaque fois :
Remettre en cause le dollar = changement de régime.

4. Maduro et la ligne rouge
Nicolás Maduro va plus loin que ses prédécesseurs :
- Cinq fois plus de pétrole que Saddam et Kadhafi réunis
- Alignement stratégique avec les pôles de la dédollarisation
- Intégration aux projets de paiement alternatifs (CIPS, mBridge)
La réaction américaine devient alors prévisible.
Un responsable américain, Stephen Miller, l’a même formulé sans détour :
« L’industrie pétrolière vénézuélienne a été créée grâce au labeur américain. Son expropriation constitue le plus grand vol de richesses américaines. »
Autrement dit :
👉 Les ressources d’un pays cessent de lui appartenir dès qu’il sort du système.

5. Le contexte mondial : le pétrodollar vacille
Pendant ce temps :
- La Russie vend son pétrole en roubles et en yuans
- La Chine développe CIPS, alternative à SWIFT
- L’Iran commerce hors dollar depuis des années
- Les BRICS représentent près de 40 % du PIB mondial
- L’Arabie saoudite discute publiquement de règlements en yuans
Le Venezuela aurait été un accélérateur majeur de cette dynamique.
6. Le vrai message envoyé au monde
L’intervention ne vise pas seulement Caracas.
Elle envoie un signal global :
« Défiez le dollar, et vous serez écrasés. »
Mais ce message pourrait produire l’effet inverse.
Car désormais, les pays du Sud comprennent que la seule protection possible est d’aller plus vite, ensemble, hors du dollar.
7. Quand la monnaie se maintient par les bombes
Une monnaie qui doit être imposée par la force n’est plus une monnaie de confiance. C’est un instrument de domination.
Lorsque bombarder devient nécessaire pour maintenir son usage, c’est que le système est déjà fragilisé.
Le Venezuela n’est peut-être pas le début.
Il pourrait bien être l’aveu final.
Conclusion
L’histoire ne se répète pas toujours.
Mais elle rime, avec une régularité troublante.
La question n’est plus :
Pourquoi le Venezuela ?
Mais plutôt :
Combien de temps un ordre monétaire peut-il survivre lorsqu’il dépend de la guerre pour exister ?

