Chaque mois de décembre, un reproche revient avec une régularité mécanique :
« Pourquoi les musulmans ne fêtent-ils pas Noël ? »

Cette question est rarement posée par curiosité sincère. Elle sert le plus souvent de prétexte à une mise en accusation ciblée. Car ce reproche, dans l’espace public, ne concerne que les musulmans, alors que la réalité est identique pour d’autres communautés.

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Un fait simple et incontestable

Noël est une fête religieuse chrétienne. Les musulmans ne la célèbrent donc pas, pour la même raison que les juifs, les bouddhistes, les hindous ou les athées ne la célèbrent pas non plus. Pourtant, ce fait élémentaire ne suscite aucune polémique lorsqu’il concerne ces groupes.

L’indignation surgit uniquement lorsque les musulmans sont concernés.

Un silence révélateur

A-t-on déjà vu une campagne médiatique reprocher aux juifs de ne pas fêter Noël ?
A-t-on déjà entendu des éditorialistes s’indigner du fait que tout le monde ne célèbre pas Hanoucca ou Yom Kippour ?

Ce silence n’est pas accidentel. Il révèle une mentalité à géométrie variable, tolérante envers certains, inquisitrice envers d’autres.

Concernant la laïcité

La laïcité garantit la liberté de conscience. Elle protège le droit de croire, de ne pas croire, et de ne pas pratiquer une religion qui n’est pas la sienne. Exiger — explicitement ou implicitement — que des musulmans célèbrent Noël, ou les culpabiliser de ne pas le faire, constitue une négation de ce principe fondamental.

Le fondement religieux islamique (fait objectif)

Au-delà de la logique laïque, l’islam repose sur des règles religieuses claires. Les musulmans ne s’abstiennent pas de célébrer Noël par hostilité, mais par fidélité à leur Foi.

Lorsque le Prophète Muhammad ﷺ arriva à Médine, les habitants avaient deux jours de fête hérités de l’époque préislamique. Il dit alors :

« Allah vous a remplacé ces deux jours par deux jours meilleurs :
le jour de la rupture du jeûne (ʿAïd al-Fiṭr) et le jour du sacrifice (ʿAïd al-Aḍḥā). »

(Rapporté par Abou Dâwoud et authentifié par les savants)

Ce hadith est compris par les savants musulmans comme une interdiction de participer aux rites religieux distinctifs d’une autre religion, en particulier lorsqu’ils reposent sur des croyances théologiques incompatibles avec l’islam.

Cette règle ne vise ni les relations sociales, ni la bienveillance, ni le respect mutuel. Elle concerne uniquement l’acte cultuel religieux.

Respect humain ne signifie pas participation religieuse

Les musulmans vivent Noël comme un fait social : congés, réunions familiales liés à ces congés, ambiance générale, consommation, etc. Ce qu’ils refusent, de manière cohérente et pacifique, c’est l’acte religieux lui-même.

Cette position est strictement équivalente à celle des autres confessions — et pourtant, seule celle des musulmans est constamment suspectée.

Une accusation qui ne tient pas

Si le reproche était sincère, il serait universel.
S’il ne vise qu’un seul groupe, alors il ne s’agit plus d’un débat sur la laïcité ou le vivre-ensemble, mais d’une stigmatisation ciblée.

Une critique appliquée à un groupe et pas aux autres, pour un comportement identique, n’est pas une critique honnête. Il s'agit là d'un ciblage haineux, d'un discours de haine intolérant.

Conclusion

Ne pas fêter Noël quand on n’est pas chrétien n’est ni une provocation ni un refus de la société. C’est un droit garanti par la laïcité et une cohérence religieuse parfaitement assumée.

Transformer cette cohérence en accusation uniquement lorsqu’il s’agit des musulmans, tout en exonérant les autres communautés, relève d’une hypocrisie manifeste. C'est inacceptable.

Et cette hypocrisie porte aujourd’hui un nom clair : islamophobie.