Renault FT

Culture générale, Histoire, sont des passions .... Le 11 novembre, symbole de l’armistice de 1918, revient souvent dans les discours politiques américains comme le moment où les États-Unis auraient, à eux seuls, “sauvé l’Europe” et gagné la Première Guerre mondiale. Donald Trump, comme d’autres figures politiques, répète cette affirmation avec assurance. Elle est simple, valorisante, flatteuse pour l’ego national… mais totalement fausse.

Non seulement les États-Unis n’ont pas gagné la Grande Guerre seuls, mais il est historiquement impossible de soutenir une telle idée quand on examine les faits, les chronologies, les innovations et les sacrifices réels qui ont façonné ce conflit.

Cet article remet les pendules à l’heure.


Une guerre déjà menée depuis quatre ans avant l’arrivée des États-Unis

Lorsque les Américains entrent réellement en action sur le front en 1918, la France et le Royaume-Uni se battent depuis 1914, soit quatre ans d’enfer continu.

Quatre ans de Verdun, de la Somme, d’Ypres, du Chemin des Dames.
Quatre ans de villages détruits, de tranchées, de bombardements.
Quatre ans d’innovations techniques, d’adaptation permanente, de pertes colossales.

Les États-Unis, eux, déclarent la guerre en 1917, et n’ont une force réellement opérationnelle qu’en 1918. Ils apportent un souffle immense, c’est vrai — mais ils arrivent en fin de course.

Dire qu’ils ont “gagné seuls” revient à ignorer quatre années où :

  • la France retient l’effort principal allemand sur son sol,
  • le Royaume-Uni finance, arme et renforce constamment le front,
  • les alliés de l’Entente détruisent peu à peu la capacité militaire du Reich.

Si la France ou le Royaume-Uni s’étaient effondrés en 1914, 1915 ou 1916, il n’y aurait eu aucun front à “sauver” en 1918.


Le rôle central des innovations européennes : l’artillerie, la tactique… et les chars

Un point souvent ignoré dans les discours simplistes : en 1918, les États-Unis n’ont pas de chars de combat. Zéro. Leur doctrine blindée naît… en France.

Les premiers chars de l’histoire sont britanniques : le Mark I, en 1916, qui sème la panique dans les lignes allemandes.

Mark I

Pendant ce temps, un général français visionnaire, Jean-Baptiste Estienne, convainc l’industrie tricolore — Renault, Schneider, Saint-Chamond — d’investir dans des blindés modernes.

Jean-Baptiste Estienne

Il affirme :

« La victoire appartiendra à celui qui sera monté le premier sur les chars d’assaut. »

Il avait raison.

1917 : les premiers modèles français

Le Schneider CA1 et le Saint-Chamond, malgré leurs défauts, poussent les Allemands à reconnaître que : ➡ la guerre vient de changer de dimension.

Schneider CA1
Saint-Chamond

1918 : le char qui change tout — le Renault FT

Le prototype du Renault FT, dessiné et conçu par Ernst Metzmaier.

Petit, maniable, produit en masse, doté de la première tourelle rotative à 360° de l’histoire, le Renault FT est le père de tous les chars modernes.
Il est rapide, fiable, efficace, et surtout utilisable dans la guerre de mouvement redevenue possible en 1918.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
➡️ jusqu’à 278 Renault FT produits en juillet 1918
➡️ plusieurs centaines déployés dans les offensives françaises

C’est ce char français qui va appuyer la grande contre-offensive de 1918.

Renault FT en manœuvres. Considérant que le Schneider fut créé en dehors de son initiative, de même que le St Chamond, seul le FT fut véritablement plus en lien avec les idées d'Estienne. En effet, Jean-Baptiste Estienne voulait clairement un char léger, maniable et facile à produire en masse. C’était même le cœur de sa vision, en opposition aux gros chars lourds et complexes du début de la guerre.

La contre-offensive qui brise l’Allemagne… avec des chars français

En juillet 1918, lors de la seconde bataille de la Marne, les Allemands lancent une attaque massive. Ils pensent les Alliés épuisés. Erreur.

Sortant du brouillard, des centaines de Renault FT percent les lignes, soutiennent l’infanterie, et redonnent à l’armée française une mobilité stratégique perdue depuis 1914.

Quelques semaines plus tard, à Soissons, même réussite.

Et en septembre 1918, lors de l’offensive de Saint-Mihiel, les Américains entrent en scène. Mais là encore, un détail écarte le mythe américain :

Les chars utilisés par les États-Unis sont… des chars français.

La France prête à l’armée américaine : ➡ 144 Renault FT
dont certains commandés par un jeune officier ambitieux : George S. Patton, qui sera blessé debout sur un char français.

La première expérience blindée de l’armée américaine n’est ni américaine dans sa forme, ni dans sa conception.


Un effort vraiment “allié”, jamais “américain seul”

Les faits montrent donc que :

  • Le sacrifice principal est français, britannique, belge, italien, colonial.
  • Les innovations décisives (chars, artillerie, tactiques d’infiltration) sont européennes.
  • Le blocus naval, resserrant l’étau sur l’Allemagne, est britannique.
  • La résistance initiale, qui empêche la victoire rapide allemande de 1914, est française.
  • Le retournement stratégique de 1918 repose en grande partie sur l’industrie française et sur les Renault FT.

Les États-Unis apportent un élément important : des troupes jeunes, fraîches, motivées, et une puissance économique immense.

Mais la victoire de 1918 ne peut pas être attribuée à un seul pays, encore moins à un pays arrivé la dernière année.


Pourquoi ce mythe persiste-t-il ?

Parce qu’il flatte l’ego national.
Parce qu’il transforme une guerre complexe en récit héroïque simplifié.
Parce qu’il permet à certains dirigeants d’alimenter un discours politique où l’Amérique est toujours “le sauveur du monde”.

Mais la vérité historique est plus solide que les slogans.


Conclusion : la Grande Guerre est une victoire alliée, pas américaine

Les États-Unis ont contribué à la victoire.
Ils ont joué un rôle crucial en 1918.
Personne ne le nie.

Mais affirmer qu’ils ont “gagné seuls” :

  • efface le sacrifice de millions d’Européens,
  • méprise les innovations françaises et britanniques,
  • ignore quatre années de résistance acharnée,
  • et déforme complètement l’histoire.

La vérité est simple :
➡️ La Première Guerre mondiale est une victoire alliée.
➡️ Sans la France et le Royaume-Uni, les États-Unis n’auraient rien pu “sauver”.

Rétablir cela, c’est simplement respecter l’Histoire.


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