Où sont la Torah et l’Évangile originels ?
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La question de la fiabilité des Écritures hébraïques et chrétiennes se pose souvent dans la communauté musulmane. Le Coran lui-même déclare que « malheur à ceux qui écrivent le Livre de leurs mains puis prétendent que c’est de Dieu, pour en tirer un prix dérisoire » (2:79) et évoque la falsification des textes antérieurs (par ex. 5:13, 5:41).
Coran : "Et puis, à cause de leur violation de l'engagement, Nous les avons maudits et endurci leurs cœurs : ils détournent les paroles de leur sens et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé . Tu ne cesseras de découvrir leur trahison..." S5V13 ; "Ô Messager! Que ne t'affligent point ceux qui concourent en mécréance; parmi ceux qui ont dit : "Nous avons cru" avec leurs bouches sans que leurs cœurs aient jamais cru ..." S5V41
À la lumière de cela, il est légitime de s’interroger sur la situation des textes originaux de la Torah de Moïse et des Évangiles de Jésus. Les preuves historiques, textuelles et critiques montrent en effet que les versions actuelles n’ont pas conservé intact le contenu primitif. Clairement pas...
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Disparition des manuscrits originaux
Premièrement, nous ne disposons d’aucun manuscrit autographe ni de la Torah rédigée par Moïse ni des évangiles écrits au premier siècle. Les plus anciens témoignages du Nouveau Testament datent du IIᵉ au IVᵉ siècle de notre ère. Par exemple, le fragment papyrus P52 (texte grec de l’évangile de Jean) date aux environs de 125 ap. J.-C. – soit 100 ans après le Ministère de Jésus – et il s’agit seulement d’un petit fragment - library.biblicalarchaeology.org. Les premiers codex complets ne sont que du IVᵉ siècle : le célèbre Codex Sinaiticus grec (vers 330-360) contient pour la première fois la totalité du Nouveau Testament - britannica.com. La Torah elle-même n’existe plus qu’en copies tardives : nos versions sont basées sur des textes hébraïques massorétiques stabilisés au IXᵉ siècle et sur la traduction grecque (Septante) de plusieurs siècles plus ancienne. En pratique, les manuscrits originaux ont été perdus. On ne peut donc pas vérifier le texte original de Moïse ou des apôtres : toutes les Écritures juives et chrétiennes que nous connaissons aujourd’hui résultent de copies et traductions ultérieures.
Incertitudes de transmission et de traduction
Deuxièmement, la transmission de ces textes s’est faite par de multiples canaux, ce qui introduit des erreurs et des variations. Pour la Bible hébraïque, on a la version hébraïque masorétique, la Septante grecque, des Targums araméens… Pour le Nouveau Testament, les écrits ont été copiés à la main en grec, puis traduits en syriaque, latin, copte, arménien, etc. Cette diversité entraîne de grandes divergences. En effet, les spécialistes recensent des centaines de milliers de variantes textuelles entre les différents manuscrits évangéliques - fr.wikipedia.org. John Mill en dénombrait déjà 30 000 en 1707, et Bart Ehrman estime aujourd’hui jusqu’à 200 000–400 000 différences entre les millions de pages manuscrites préservées - fr.wikipedia.org. De plus, on possède plus de 5 800 manuscrits grecs du Nouveau Testament complet, plus de 10 000 manuscrits latins et 9 300 d’autres versions - fr.wikipedia.org – chacun avec ses particularités. Autant dire que l’« Évangile originel » ne peut être restauré de manière sûre : il n’existe pas de copie unifiée et immuable à partir de laquelle on retrouverait tel ou tel verset exact. Les traductions médiévales (comme la Vulgate latine de Jérôme au IVᵉ siècle - fr.wikipedia.org) ont encore créé d’autres couches de modification.
Auteurs incertains et datations tardives
Troisièmement, les auteurs mêmes des Évangiles actuels ne sont pas des témoins directs à 100 %. Les évangiles de Matthieu et de Jean sont en fait anonymes dans leur texte : ces noms ne sont pas écrits au moment de la rédaction, et les chercheurs reconnaissent que ces textes ont été compilés plusieurs dizaines d’années après la vie de Jésus. Par exemple, l’évangile de Marc est daté vers 70 ap. J.-C., Luc vers 80, Jean vers 90 ou plus. Aucun manuscrit original signé des « disciples » n’existe. On ne sait pas dans quelles langues premières (puis en grec) ces récits oraux ont circulé. Ces circonstances laissent une large place aux interpolations humaines. Dans les premiers siècles du christianisme, plusieurs communautés utilisaient d’autres évangiles (apocryphes) qui ont finalement été exclus du canon.
Contradictions et incohérences internes
Quatrièmement, les quatre récits évangéliques canoniques contiennent de nombreuses contradictions entre eux et même au sein d’un même évangile. Par exemple, les généalogies de Jésus diffèrent radicalement entre Matthieu et Luc. Les récits de la Passion varient (Jésus est crucifié un vendredi tardif pour Jean, un jeudi pour Luc ; les paroles prononcées diffèrent, le nombre et le rôle des témoins ne sont pas les mêmes…). Le nombre d’anges présents à la tombe du Christ, le détail des miracles et des paroles attribuées à Jésus diffèrent selon les évangiles. Ces incohérences ont été relevées par des apologistes chrétiens eux-mêmes. De tels désaccords internes suggèrent que les auteurs ont ajusté ou inventé des éléments, ce qui contraste avec l’exigence d’un seul texte immuable.
Diversité des canons bibliques
Cinquièmement, l’Église n’a pas toujours eu un canon fixé. Dans les premiers siècles, les récits qualifiés d’apocryphes avaient un statut équivalent aux canoniques - fr.wikipedia.org. Comme le note l’historien Enrico Norelli, aux Ier-IIᵉ siècles les récits de l’Évangile et les apocryphes avaient indiscutablement « le même statut théologique » - fr.wikipedia.org. Il y avait alors une « diversité doctrinale foisonnante » dans le christianisme naissant, et de nombreux « récits apocryphes » circulaient, certains pour appuyer tel ou tel courant qui deviendra plus tard hétérodoxe ou orthodoxe - fr.wikipedia.org. Ce n’est qu’après plusieurs conciles et plusieurs siècles que l’Église a fixé définitivement le canon (27 livres pour le Nouveau Testament, par exemple au IVᵉ siècle). Ceci prouve que les communautés chrétiennes anciennes ne considéraient pas automatiquement les quatre évangiles actuels comme seuls autorisés : d’autres textes existaient et étaient débattus. La stabilisation du canon a en quelque sorte « gommé » cette diversité, mais au prix d’écarter des écrits tenus autrefois pour authentiques - fr.wikipedia.org.
Toutes ces observations confirment que les Évangiles et la Torah que nous lisons aujourd’hui ne sont pas les versions originales révélées : ils résultent de copies humaines érodées par le temps, la traduction et l’interprétation. Les manuscrits primitifs ont disparu, les traductions successives créent l’incertitude, les auteurs réels sont inconnus et les textes présentent des contradictions et de nombreuses variantes. Les experts bibliques reconnaissent souvent que seule une reconstruction difficile du texte primitif est possible via la critique textuelle. En somme, la « parole de Dieu » n’est plus préservée telle quelle dans les livres sacrés juifs et chrétiens actuels.
Le Coran : un texte miraculeusement préservé
En revanche, le Coran lui-même affirme la conservation parfaite de son texte. Allah dit : « C’est Nous qui avons fait descendre le Rappel (le Coran) et c’est Nous qui en sommes gardien » (15:9). Le prophète Mohammed ﷺ a supervisé sa transcription et il en a existé des exemplaires écrits dès sa vie. Selon la tradition, les compagnons ont mémorisé le Coran par cœur et, après la mort du Prophète, le calife Abû Bakr fit rassembler dans un codex officiel toutes les sourates dévoilées pour éviter la perte ou la divergence. Plus tard, le calife ʿUthmân ordonna que cette version soit copiée et standardisée pour l’ensemble du monde musulman. Contrairement aux Écritures bibliques, nous disposons aujourd’hui du même texte coranique qu’il y a 14 siècles.
De nombreux indices internes confirment cette préservation. Le Coran proclame que « personne ne peut changer [les paroles] d’Allah » (18:27). L’auteur de la compilation canonique, al-Qurtubi, souligne que l’ordre des sourates que nous lisons est identique à celui gardé du vivant du Prophète. Des savants classiques comme Ibn Hazm ont souligné qu’il n’existe aucun doute sur l’intégrité coranique : aucun chapitre ni verset n’a été perdu ni modifié depuis sa révélation. Les musulmans voient ici un miracle de préservation divine.
En comparaison, là où la Torah et l’Évangile ont vu leurs écrits altérés par des générations de scribes et d’églises humaines – comme l’atteste le Coran lui-même (par ex. « malheur » aux corrupteurs de l’Écriture 2:79) – le Coran est resté inchangé. Cette continuité incroyable du texte coranique renforce la certitude qu’il s’agit de la Parole de Dieu authentique, préservée « mot à mot » tel qu’elle a été révélée.
Conclusion. Toutes les preuves historiques et textuelles convergent : la Torah et les Évangiles originaux n’existent plus sous leur forme première. Les manuscrits primitifs ont disparu, les traductions multiples et les traditions orales incertaines ont entrainé d’innombrables variantes, et les rédacteurs humains ont laissé des contradictions et des modifications dans les récits.
Le Coran, en revanche, ne souffre d’aucune de ces failles : il a été consigné sous la supervision du Prophète ﷺ et transmis ensuite dans une version unique, inviolée. En définitive, alors que « la Parole de Dieu »(des chrétiens et juifs) a été perdue ou altérée dans les Écritures judaïques et chrétiennes actuelles, les musulmans considèrent, et c'est une certitude, le Coran comme le seul Livre divin resté totalement protégé des mains de l’homme.

