Pourquoi existe-t-il le mal, les guerres, la souffrance et les épreuves dans ce monde ?
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Réponse Musulmane à la « problématique du mal »
L’une des objections les plus anciennes et les plus récurrentes contre l’existence d’Allah est la suivante : s’il existe un Dieu juste, sage et miséricordieux, pourquoi y a-t-il le mal, la souffrance, les maladies, les guerres et les catastrophes ?
Cette question, souvent présentée comme un argument décisif contre la foi, repose en réalité sur une confusion philosophique majeure et une méconnaissance profonde du sens de l’existence humaine.

1. Le monde n’est pas absurde : il est un lieu d’épreuve
L’Islam affirme clairement que ce monde n’est ni un paradis, ni un enfer, mais un lieu d’épreuve et de responsabilité.
Allah dit :
« Nous vous éprouverons certes par un peu de peur, de faim, de perte de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants. »
(Sourate Al-Baqara, v. 155)
L’existence du bien et du mal n’est donc ni accidentelle ni contradictoire avec la sagesse divine : elle est voulue dans le cadre du test de la vie.
Allah dit encore :
« Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver et de savoir qui parmi vous est le meilleur en œuvre. »
(Sourate Al-Mulk, v. 2)
Sans épreuve, il n’y aurait :
- ni patience,
- ni gratitude,
- ni courage,
- ni sacrifice,
- ni responsabilité morale.
2. Le mal prouve le sens moral, il ne l’annule pas
Un point fondamental est souvent oublié :
👉 se plaindre du mal suppose que l’on sache ce qu’est le bien.
Or, le bien et le mal n’ont aucun sens dans un univers purement matériel et aveugle.
C’est précisément ce que soulignait le philosophe C. S. Lewis :
il expliquait que son rejet initial de Dieu à cause du mal supposait déjà une notion de justice… qu’il ne pouvait pas justifier sans Dieu.
On ne peut qualifier le monde d’« injuste » que si l’on dispose :
- d’une norme morale,
- d’un sens objectif du bien et du mal.
👉 Or ces notions sont incompatibles avec l’athéisme matérialiste.
Dans un univers régi uniquement par la matière, les lois physiques et l’évolution aveugle :
- la souffrance n’est ni bonne ni mauvaise,
- le crime n’est qu’un phénomène biologique,
- l’injustice n’existe pas réellement.
Ainsi, la dénonciation du mal est paradoxalement un argument en faveur de l’existence de Dieu, non contre Lui.
3. Sans Dieu, le mal n’existe même pas conceptuellement
Si l’univers était réellement dépourvu de sens, comme le prétendent certains athées :
- il n’y aurait pas de « mal »,
- seulement des événements mécaniques,
- sans valeur morale.
Dire « le mal existe » implique nécessairement :
- un ordre moral,
- une finalité,
- une responsabilité.
👉 Le problème du mal n’est donc pas un problème pour la foi, mais pour l’athéisme.
4. Le mal n’est pas absolu : il est relatif et encadré par la sagesse divine
L’Islam n’affirme pas que tout mal est bon en soi, mais que :
- tout ce qu’Allah décrète s’inscrit dans une sagesse,
- même si cette sagesse n’est pas immédiatement perceptible.
Allah dit :
« Il se peut que vous détestiez une chose alors qu’elle est un bien pour vous, et que vous aimiez une chose alors qu’elle est un mal pour vous. Allah sait, et vous ne savez pas. »
(Sourate Al-Baqara, v. 216)
L’histoire de Moïse et Al-Khidr illustre parfaitement cette réalité :
- des actes incompréhensibles à court terme,
- mais porteurs d’un bien immense à long terme.
👉 Notre vision est limitée, celle d’Allah est totale.
5. La souffrance élève, purifie et révèle
Dans l’Islam, l’épreuve n’est pas seulement une punition : elle est souvent :
- une purification,
- une élévation,
- un moyen de retour vers Allah.
Le Prophète ﷺ a dit :
« L’épreuve ne cesse d’atteindre le croyant dans sa personne, ses biens et ses enfants jusqu’à ce qu’il rencontre Allah sans aucun péché. »
Il a également dit que le martyr ( comme lorsqu'un soldat défend son pays Musulman, l'islam étant aux antipodes du terrorisme, évidemment ) souhaiterait revenir sur terre et mourir encore et encore, tant la récompense est immense.
👉 Ce monde n’est pas la finalité.
👉 La justice totale est dans l’Au-delà.
6. L’illusion médiatique du mal omniprésent
Un autre élément trompeur est la focalisation médiatique :
- sur les catastrophes,
- les guerres,
- les drames.
Cela crée une impression fausse d’un monde uniquement dominé par le mal, alors que :
- les bienfaits sont innombrables,
- la majorité des vies humaines se déroulent dans une relative stabilité,
- les épreuves sont réparties, non concentrées sur une seule personne.
Assimiler toutes les souffrances du monde comme si elles frappaient un seul individu est une erreur logique majeure.
7. Le mal confirme notre responsabilité morale
Enfin, l’existence du mal rappelle une vérité essentielle :
👉 nous sommes responsables, libres et redevables.
Sans liberté :
- pas de péché,
- pas de mérite,
- pas de sens à la morale.
Allah dit :
« Nous l’avons guidé vers le chemin : qu’il soit reconnaissant ou ingrat. »
(Sourate Al-Insân, v. 3)
Le bien et le mal sont donc les conséquences naturelles d’un monde où l’homme est libre et responsable.
Conclusion : le mal n’infirme pas la foi, il la confirme
Le mal :
- prouve que nous sommes des êtres moraux,
- confirme que la vie a un sens,
- démontre que ce monde n’est pas la finalité,
- rappelle la nécessité de l’Au-delà,
- et confirme la sagesse du cadre divin.
👉 Le vrai problème du mal n’est pas un problème pour l’Islam.
👉 C’est un problème insoluble pour l’athéisme.
L’Islam offre une réponse cohérente, rationnelle, spirituelle et humaine à la souffrance, là où le matérialisme ne propose que le silence ou l’absurde.
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Note :
Allah ﷻ a voulu que les épreuves, les troubles et même certaines formes de mal révèlent ce que les cœurs dissimulent. Les temps de crise ne créent pas la corruption morale : ils la mettent à découvert. Ceux qui profitent du chaos, de l’autorité, de la guerre ou de l’anarchie pour commettre des injustices ne font que laisser apparaître ce qui était déjà enfoui en eux : leurs اضغان.
Allah dit clairement :
﴿ أَمْ حَسِبَ الَّذِينَ فِي قُلُوبِهِم مَّرَضٌ أَن لَّن يُخْرِجَ اللَّهُ أَضْغَانَهُمْ ﴾
« Ceux dont les cœurs sont malades pensent-ils qu’Allah ne fera pas apparaître leurs rancœurs ? »
(Sourate Muhammad, 47:29)
Et Allah affirme que les épreuves sont un moyen de tri et de dévoilement :
﴿ وَلَنَبْلُوَنَّكُمْ حَتَّىٰ نَعْلَمَ الْمُجَاهِدِينَ مِنكُمْ وَالصَّابِرِينَ وَنَبْلُوَا أَخْبَارَكُمْ ﴾
« Nous vous éprouverons afin de distinguer ceux qui luttent et ceux qui patientent, et afin de dévoiler ce que vous cachez. »
(Sourate Muhammad, 47:31)
Ainsi, lorsque l’ordre disparaît, les masques tombent :
– certains font preuve de patience, de justice et de retenue,
– d’autres exploitent la souffrance, l’autorité ou la peur pour opprimer.
Allah ﷻ dit encore :
﴿ لِيَمِيزَ اللَّهُ الْخَبِيثَ مِنَ الطَّيِّبِ ﴾
« Afin qu’Allah distingue le mauvais du bon. »
(Sourate Al-Anfâl, 8:37)
Le mal devient alors un instrument de dévoilement moral : il sépare les cœurs sincères de ceux qui n’attendaient qu’une occasion pour laisser éclater leurs rancunes, leurs injustices et leur déviances.
