1) Un fait étrange…

La sortie massive de documents liés à l’affaire Epstein a déclenché une vague d’indignation mondiale. Dans ce flot, certains passages font réagir : la mention d’un envoi de pièces de Kiswa (tissu de la Kaaba), par exemple, dans des correspondances logistiques rapportées par certains médias.

Note : Une femme d’affaires émiratie, nommée Aziza al-Ahmadi, a coordonné avec un certain Abdullah al-Maari l’organisation de l’envoi de trois morceaux de Kiswa depuis l’Arabie saoudite.

La correspondance logistique inclut factures, procédures douanières et arrangements de transport (fret aérien via une compagnie internationale) jusqu’à la résidence d’Epstein en Floride (États-Unis). Fin de note

Immédiatement, un danger apparaît : l’instrumentalisation islamophobe.
Car dès qu’un symbole musulman est “proche” d’un scandale, certains ne cherchent pas la vérité : ils cherchent un prétexte pour salir l’islam et les musulmans.


Effectivement :

Les islamophobes savent (ou feignent d’ignorer) une chose essentielle :

👉 L’islam ne sacralise pas les objets.

Mais ils vont volontairement : projeter une logique chrétienne médiévale des reliques, ou une logique païenne/fétichiste, sur l’islam.

Ainsi ils insinuent : “Les musulmans croient que ce tissu a un pouvoir spécial.”

➡️ C’est faux théologiquement, islamiquement, mais efficace médiatiquement.


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2) Règle coranique : vérifier avant d’accuser

Avant toute chose, le Coran impose une méthode :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِن جَاءَكُمْ فَاسِقٌ بِنَبَإٍ فَتَبَيَّنُوا
“Ô vous qui croyez ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez…”
(Coran 49:6)

Donc on distingue clairement :

  • Ce qui est rapporté (documents / emails / logistique mentionnant la Kiswa)
  • Ce qui est interprété (ex. “rituels sataniques”, “usage magique”, etc.), qui n’est pas un fait établi uniquement parce que quelqu’un le dit dans une vidéo.

3) Le rappel essentiel : la Kiswa n’est pas “sacrée” comme un objet d’adoration

En islam, la sacralité au sens d’adoration revient à Allah seul.

قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ
“Dis : Il est Allah, Unique.”
(Coran 112:1)

La Kaaba est un lieu béni, une qibla, un repère d’unité. Mais on n’adore pas :

  • ni un tissu,
  • ni une pierre,
  • ni un bâtiment.

Et la Sunna donne un principe limpide, à travers la parole de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb au sujet de la Pierre Noire :

“Je sais que tu es une pierre : tu ne peux ni nuire ni bénéficier. Si je n’avais pas vu le Prophète ﷺ t’embrasser, je ne t’aurais pas embrassée.”
(Sahih al-Bukhari)

➡️ Message : les objets n’ont pas de pouvoir divin.

Donc même si un criminel obtient un morceau de Kiswa, cela ne “salit” pas l’islam: cela montre seulement la corruption du criminel — pas la valeur de la Foi.


4) Le vrai scandale : le crime, la prédation, et la protection des puissants

L’affaire Epstein, au-delà des détails, rappelle l’existence d’un mal profond : exploitation, abus, réseaux d’impunité, élites protégées, victimes oubliées.

Et l’islam est d’une clarté totale sur ces crimes :

a) Protection des faibles et peur d’Allah

وَلْيَخْشَ الَّذِينَ لَوْ تَرَكُوا مِنْ خَلْفِهِمْ ذُرِّيَّةً ضِعَافًا خَافُوا عَلَيْهِمْ
“…Qu’ils craignent (Allah), ceux qui, s’ils laissaient derrière eux une descendance faible, s’inquiéteraient pour elle…”
(Coran 4:9)

b) Justice absolue, même contre soi-même

كُونُوا قَوَّامِينَ بِالْقِسْطِ شُهَدَاءَ لِلَّهِ وَلَوْ عَلَى أَنفُسِكُمْ
“Soyez fermes dans l’équité, témoins pour Allah, même contre vous-mêmes…”
(Coran 4:135)

c) Interdiction de la corruption et de l’oppression

إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالْإِحْسَانِ… وَيَنْهَى عَنِ الْفَحْشَاءِ وَالْمُنكَرِ وَالْبَغْيِ
“Allah ordonne la justice… et interdit la turpitude, le blâmable et l’oppression.”
(Coran 16:90)

5) La morale musulmane contre la “culture de l’impunité”

Dans la Sunna, on trouve des principes qui détruisent l’idée : “les puissants s’en sortiront toujours”.

a) La responsabilité : personne n’échappe au compte

“Chacun de vous est un berger, et chacun de vous est responsable de son troupeau.”
(Sahih al-Bukhari, Sahih Muslim)

b) La justice ne s’achète pas : même la famille du Prophète ﷺ n’est pas au-dessus de la loi

“Par Allah, si Fatima, fille de Muhammad, volait, je lui couperais la main.”
(Sahih al-Bukhari)

➡️ Message : l’islam refuse l’hypocrisie des élites moralisatrices.

c) Interdiction de nuire

“Il ne faut ni causer un préjudice, ni répondre au préjudice par un préjudice.”
(Hadith : “Lā ḍarar wa lā ḍirār”, rapporté notamment par Ibn Mājah, authentifié par plusieurs savants)

6) Répondre au piège : pas de diffamation collective, pas de haine aveugle

L’islam interdit de transformer un scandale en carburant de haine.

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اجْتَنِبُوا كَثِيرًا مِنَ الظَّنِّ… وَلَا تَجَسَّسُوا وَلَا يَغْتَب بَّعْضُكُم بَعْضًا
“Évitez beaucoup de conjectures… n’espionnez pas… ne médisez pas…”
(Coran 49:12)

Donc :

  • on exige justice,
  • on soutient les victimes,
  • on dénonce les systèmes d’impunité,
  • sans tomber dans la calomnie générale, l'amalgame.

7) Le contraste final : quand ils veulent salir l’islam… alors que l’islam condamne précisément ce qu’ils couvrent

Beaucoup prétendent que l’islam serait “incompatible” avec l’Occident.
Mais incompatible avec quoi, exactement ?

L’islam est incompatible avec :

  • la traite,
  • l’abus,
  • la prédation,
  • la corruption,
  • l’impunité des puissants.

Et c’est justement ce que ce scandale met en lumière : des gens qui parlent de “morale” en public, tout en tolérant ou couvrant l’abjection en privé.

Le Coran résume l’égalité humaine et détruit les logiques raciales / tribales / d’élites :

إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ
“Le plus noble auprès d’Allah est le plus pieux.”
(Coran 49:13)

Conclusion mobilisatrice

La mention d’un symbole musulman (Kiswa) dans un dossier infâme ne doit pas devenir une arme contre l’islam.
Au contraire : elle doit rappeler que l’islam ne sacralise pas les objets, mais sacralise la justice, l’innocence, la protection des faibles, et le refus de la corruption.

Et si la justice des hommes vacille, la foi rappelle une certitude : le Jour du Jugement, personne n’y négocie son dossier.



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La Kiswa : une vigilance déjà stricte, appelée à être renforcée

Contrairement à certaines insinuations malveillantes, l’Arabie saoudite traite depuis longtemps la Kiswa de la Kaaba avec une extrême rigueur institutionnelle.
Sa fabrication, sa conservation, son remplacement et sa distribution relèvent d’un cadre étatique strict, encadré par des autorités religieuses et administratives clairement identifiées.

Chaque année, la Kiswa est produite dans une usine officielle à La Mecque, sous supervision directe. Les anciennes étoffes ne circulent pas librement : elles sont inventoriées, découpées, conservées ou offertes de manière encadrée, selon des procédures précises destinées à éviter toute dérive, marchandisation sauvage ou instrumentalisation symbolique.

L’épisode récent, mentionné dans certains documents rendus publics, ne remet pas en cause ce principe fondamental : il révèle au contraire l’importance de ces garde-fous. Il est d’ores et déjà évident que les autorités saoudiennes n’ont aucun intérêt à laisser le moindre flou entourer un symbole aussi sensible pour les musulmans du monde entier.

Il est donc raisonnable d’affirmer que cette affaire conduira non pas à un relâchement, mais à un renforcement supplémentaire des contrôles, des circuits de traçabilité et des règles de conservation liées à la Kiswa. Dans un contexte international marqué par la manipulation médiatique et les tentatives d’amalgame, la prudence institutionnelle devient une nécessité stratégique autant que religieuse.

Enfin, il convient de rappeler que la Kiswa n’est ni un objet de culte ni une relique dotée d’un pouvoir spirituel autonome. Sa protection relève d’une responsabilité morale et symbolique, non d’une croyance fétichiste. La vigilance saoudienne s’inscrit précisément dans cette logique : préserver la dignité du lieu, éviter toute exploitation indue, et couper court à toute tentative de récupération idéologique ou islamophobe.