Introduction – Une peur un peu compréhensible, mais mal formulée…

Dans un contexte de pression médiatique, juridique et idéologique croissante, certains musulmans expriment une crainte : celle d’être submergés, dominés, effacés par un "tsunami catholique". Cette peur est exagérée, et lorsqu’elle est formulée comme si l’Islam lui-même était en danger, elle devient théologiquement fausse, stratégiquement contre-productive, et parfois même spirituellement nocive.

Il est donc essentiel de remettre les choses à leur place.


1. L’Islam n’a jamais été en danger — et ne le sera jamais

L’Islam ne dépend ni d’un État, ni d’une majorité démographique, ni d’élites favorables.

Allah dit clairement :

« Ils veulent éteindre la lumière d’Allah par leurs bouches, mais Allah parachèvera Sa lumière, même si les incroyants le détestent. »
(Coran, 61:8)

➡️ L’Islam est garanti par Allah, pas par nos stratégies, nos peurs ou nos alliances.

Parler comme si l’Islam pouvait être « submergé » revient, même involontairement, à suggérer :

  • qu’Allah pourrait perdre le contrôle,
  • que la vérité pourrait disparaître,
  • que la religion dépendrait de rapports de force humains.

C’est une erreur de perspective.


2. Ce qui est réellement en difficulté, ce ne sont pas les fondements de l’Islam — mais certains musulmans

Il faut être précis :

  • L’Islam n’est pas menacé
  • Des musulmans peuvent être éprouvés
  • Des institutions peuvent tomber
  • Des générations peuvent s’affaiblir
  • Des sociétés peuvent devenir hostiles

Mais l’Histoire est claire :

  • des mosquées ont été détruites,
  • des savants ont été emprisonnés,
  • des communautés ont été dispersées,

👉 et pourtant l’Islam a toujours continué, souvent plus fort, plus pur, plus profond.

Confondre la difficulté des musulmans avec un danger pesant sur l’Islam est une confusion émotionnelle, pas une analyse sérieuse.


3. Le discours de la peur est une victoire offerte à ceux qui travaillent dans l'islamophobie

Dire ou suggérer que « nous allons être submergés » produit trois effets destructeurs :

a) Il fragilise les cœurs

  • Il installe l’angoisse.
  • Il décourage les jeunes.
  • Il pousse à des réactions excessives ou irrationnelles.

b) Il détourne de la Da'wah

Un musulman qui a peur :

  • se replie,
  • se crispe,
  • accuse,
  • et finit par voir le monde comme une menace permanente.

Or la Da'wah se fait avec :

  • confiance,
  • clarté,
  • stabilité,
  • exemplarité.

c) Il inverse le rapport spirituel

Au lieu de dire :

« Allah est avec nous »

on finit par dire implicitement :

« Ils sont trop forts pour nous ».

C’est une défaite intérieure, avant même toute confrontation extérieure.


4. L’Islam s’est toujours propagé en situation minoritaire

Rappel fondamental trop souvent oublié :

  • Les premiers musulmans étaient ultra-minoritaires.
  • Ils faisaient face à des empires.
  • Ils n’avaient ni médias, ni institutions, ni protection.

Et pourtant :

  • ils n’ont pas paniqué,
  • ils n’ont pas crié à la submersion,
  • ils ont travaillé, appris, transmis, enduré.

➡️ La minorité n’est pas une faiblesse en Islam, lorsqu’elle est saine, sincère et structurée.


5. Le vrai danger n’est pas extérieur : il est intérieur

Le danger réel pour les musulmans aujourd’hui n’est pas :

  • une autre religion,
  • une autre idéologie,
  • une autre élite.

Le danger, ce sont :

  • l’ignorance religieuse,
  • les divisions stériles,
  • la quête de reconnaissance,
  • l’abandon de la Da'wah,
  • la victimisation permanente.

Une communauté :

  • divisée,
  • mal formée,
  • émotionnelle,
  • obsédée par ses ennemis,

👉 s’affaiblit toute seule, même sans adversaire puissant.


Conclusion – Ni naïveté, ni panique : lucidité et tawakkul (confiance en Allah)

Refuser le discours de la peur ne signifie pas être naïf.
Mais refuser la panique est une obligation spirituelle.

L’Islam n’est pas en danger. Ce qui est en jeu, c’est notre sérieux, notre cohérence, notre capacité à transmettre dignement.

👉 L’unité ne se construit pas sur la peur.
👉 Elle se construit sur la science, la patience et la Da'wah.

Et surtout :
Allah n’a jamais abandonné Sa religion.


Lien de soutien : https://ko-fi.com/parolemusulmane