Diviseur d’États, allié d’Oded Yinon et de l’Occident, combattant résolu de l’islam

Depuis une quinzaine d’années, les Émirats arabes unis ont opéré une transformation profonde de leur politique étrangère. Longtemps discrets et prudents, ils sont devenus l’un des acteurs les plus interventionnistes, agressifs et controversés du Moyen-Orient et de l’Afrique orientale.

Comprendre cette politique est indispensable pour saisir ce qui se joue aujourd’hui au Yémen, au Soudan, en Somalie, en Libye, et plus largement dans l’équilibre régional.


1. 1971–2000 : une diplomatie de survie, discrète et défensive

Après leur indépendance en 1971, les Émirats poursuivent une politique étrangère marquée par :

  • une extrême prudence diplomatique,
  • un alignement étroit avec Arabie saoudite et les États-Unis,
  • une priorité absolue donnée à la stabilité interne et à la survie de la jeune fédération.

À cette époque, les EAU sont avant tout un État rentier, dépendant du pétrole, sans ambition militaire régionale.


2. 2000–2010 : montée en puissance économique et militaire

Avec l’explosion de la richesse pétrolière et financière, Abu Dhabi amorce un changement stratégique :

  • professionnalisation et modernisation des forces armées,
  • investissements massifs à l’étranger,
  • montée en visibilité diplomatique.

Les Émirats commencent à penser leur sécurité au-delà de leurs frontières, mais restent encore prudents sur le plan militaire.


3. Depuis 2011 : le tournant interventionniste

Les révolutions arabes de 2011 constituent un choc stratégique majeur pour Abu Dhabi.

Les dirigeants émiratis identifient deux menaces existentielles :

  • la contagion révolutionnaire,
  • l’ascension de l’islam politique, en particulier les Frères musulmans.

➡️ À partir de ce moment, les Émirats passent d’un État discret à une puissance régionale proactive, utilisant :

  • des interventions militaires indirectes,
  • des milices et forces supplétives,
  • des outils économiques et financiers coercitifs.

4. Les relations EAU – Arabie saoudite : alliance puis rivalité

Pendant des années, les deux pays ont été des alliés stratégiques :

  • opposition commune à l’islam politique,
  • volonté d’endiguer l’influence iranienne,
  • guerre conjointe au Yémen contre l'influence iranienne duodécimaine.

Mais cette alliance s’est progressivement fissurée :

  • rivalité économique et diplomatique,
  • visions opposées au Yémen,
  • concurrence pour le leadership régional.

5. Le Yémen 🇾🇪 : laboratoire de la politique émiratie

Les Émirats interviennent militairement au Yémen dès 2015 aux côtés de Riyad contre les Houthis.

Mais leur stratégie évolue rapidement :

  • retrait officiel en 2019,
  • soutien massif au Conseil de transition du Sud (STC),
  • prise de contrôle d’Aden,
  • occupation de Socotra et de l’île de Mayyun,
  • création de facto d’un État séparatiste sud-yéménite.

Cette politique aboutit à la fragmentation du Yémen en trois entités :

  • zones houthies,
  • gouvernement reconnu internationalement,
  • Sud séparatiste soutenu par les EAU.

Fin 2025, l’effondrement de l’architecture émiratie au Yémen marque un revers stratégique majeur, avec la perte d’influence sur Socotra et le ralliement des forces locales à Riyad.

Sans l’intervention de l’Arabie saoudite, le Yémen aurait été durablement morcelé selon le projet séparatiste soutenu par les Émirats arabes unis.

6. Le Soudan : une guerre par procuration

Après le coup d’État de 2019, puis celui de 2021, les Émirats se rapprochent du pouvoir militaire soudanais.

Ils soutiennent activement les Forces de soutien rapide (RSF) de Hemedti :

  • financement via l’or soudanais pillé,
  • livraisons d’armes, drones et munitions,
  • mercenaires,
  • plateformes logistiques au Tchad, en Libye et au Soudan du Sud.

En échange, l’or soudanais transite vers Dubaï, finançant l’effort de guerre des RSF.


7. Libye : contre l’islam politique et la Turquie

Depuis 2014, les Émirats soutiennent activement les forces du maréchal Haftar :

  • hostilité totale envers les factions liées aux Frères musulmans,
  • volonté de contenir Turquie et le Qatar,
  • intérêts stratégiques en Méditerranée orientale.

8. Somalie : ports, logistique et rivalités régionales

Les Émirats visent le contrôle des routes maritimes du golfe d’Aden :

  • concessions portuaires,
  • présence militaire à Berbera (Somaliland) et Bosaso (Puntland),
  • soutien politique aux entités régionales contre l’État fédéral de Mogadiscio.

Cette politique est liée à l’alliance stratégique EAU-Éthiopie, Addis-Abeba cherchant un accès maritime. Les Émirats pourraient aller jusqu’à reconnaître le Somaliland.


9. Égypte : pilier contre les Frères musulmans

Les Émirats sont l’un des principaux soutiens du régime d’Abdel Fattah al-Sissi depuis le coup d’État de 2013 :

  • soutien financier massif,
  • coopération militaire (Libye),
  • alliance idéologique contre les Frères musulmans.

10. Syrie : retour pragmatique de Damas

Longtemps hors de portée émiratie en raison de l’alliance syro-iranienne, Abu Dhabi avait amorcer en 2023 un rapprochement avec Bachar al-Assad :

  • logique sécuritaire,
  • reconstruction,
  • influence diplomatique.

11. Israël et les Accords d’Abraham

Depuis 2020, les Émirats sont devenus l’un des alliés les plus proches d’Israël dans la région.

Objectif :

  • apparaître comme le partenaire arabe le plus « modéré » de l’Occident,
  • consolider la lutte contre l’islam politique,
  • renforcer leur rôle stratégique auprès de Washington.
L’abrahamisme face au Tawḥîd : une incompatibilité de fond
https://ko-fi.com/parolemusulmane

12. La lutte obsessionnelle contre l’islam politique

Pour Abu Dhabi, les Frères musulmans ne sont pas un courant politique mais une menace idéologique existentielle.

Depuis 2011, les Émirats mènent :

  • une répression interne totale,
  • une guerre régionale indirecte contre toute force qui leur est liée,
  • une hostilité frontale envers la Turquie, le Qatar et même l’Iran lorsque leurs intérêts convergent.

13. Les relations avec l’Occident et les grandes puissances

Les Émirats entretiennent des liens étroits avec :

  • les États-Unis, renforcés sous Donald Trump,
  • l’Europe, notamment la France, grand fournisseur d’armes (Rafale, Leclerc),
  • tout en se rapprochant de la Chine, de l’Inde et de la Russie.

Conclusion : quels sont les objectifs réels des Émirats arabes unis ?

La stratégie émiratie repose sur plusieurs piliers clairs :

  • combattre les Frères musulmans partout,
  • contrôler les routes commerciales stratégiques,
  • investir dans les terres agricoles d’Afrique orientale,
  • utiliser des forces supplétives pour faire la guerre à distance,
  • capter les ressources minières et aurifères des zones de conflit,
  • mener une diplomatie multilatérale opportuniste.

➡️ Le revers subi récemment au Yémen montre toutefois les limites d’une politique fondée sur la division, la coercition et la guerre par procuration.

Comprendre cette stratégie permet de mieux saisir les drames en cours au Soudan, en Somalie, au Yémen et les recompositions profondes du Moyen-Orient contemporain.


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Note : L’expression « islam politique » est devenue un épouvantail rhétorique, un gros mot volontairement flou, utilisé pour disqualifier toute société qui refuse de reléguer l’islam à la seule sphère privée. Elle ne décrit pas une réalité objective, mais sert à assimiler abusivement la référence islamique à la radicalité ou à la violence.

Or, un pays qui prend l’islam comme référence morale et juridique est aux antipodes du terrorisme. L’islam interdit le meurtre d’innocents, la terreur, le chaos et la transgression injuste. Il repose au contraire sur la justice, la protection des vies, la stabilité sociale, la responsabilité du pouvoir et la préservation du bien commun.

Ce qui est qualifié de manière orientée d’« islam politique » n’est donc ni une idéologie de destruction ni un projet terroriste, mais une vision éthique de la société, fondée sur des principes de dignité humaine, de justice et de cohérence morale. La confusion entretenue autour de ce terme relève moins de la sécurité que de la peur d’une souveraineté civilisationnelle indépendante.


Pour une géopolitique d’union, de Sunnah et de paix : une réponse musulmane aux stratégies de fragmentation

Le plan Oded Yinon (et ses évolutions, adaptations récentes) repose sur une logique simple mais destructrice : affaiblir durablement le monde musulman par la fragmentation des États, l’exacerbation des divisions internes (ethniques, confessionnelles, tribales) et la multiplication d’entités rivales incapables de résister à des puissances extérieures.

Cette logique n’a jamais cessé d’opérer. Elle a simplement changé de visages et de relais.

Aujourd’hui, certaines politiques régionales — notamment celles menées par les Émirats arabes unis — s’inscrivent objectivement dans cette même dynamique :

  • soutien à des séparatismes,
  • encouragement de la division interne,
  • instrumentalisation de conflits locaux,
  • guerre par procuration,
  • diabolisation de toute référence islamique unificatrice sous l’étiquette d’« islam politique ».

Face à cela, la réponse musulmane ne peut être ni le chaos, ni la radicalité, ni la soumission. Elle doit être civilisationnelle, cohérente et fidèle à la Sunnah.


1. L’unité comme principe géopolitique fondamental en islam

L’islam ne conçoit pas l’unité comme un slogan émotionnel, mais comme un principe structurant :

  • unité de la communauté (Ummah),
  • rejet de la fitna (discorde organisée),
  • primauté de la réconciliation sur la division,
  • refus des projets qui morcellent les peuples pour mieux les dominer.

Une géopolitique musulmane authentique ne cherche pas à créer des micro-États faibles, mais à préserver l’intégrité des sociétés, leur souveraineté et leur capacité à décider par elles-mêmes.


2. La Sunnah : un modèle d’ordre, pas de chaos

Contrairement à la caricature entretenue par le terme « islam politique », la Sunnah du Prophète ﷺ ne produit ni terrorisme ni désordre :

  • elle fonde l’autorité sur la justice,
  • elle protège les vies,
  • elle interdit la terreur,
  • elle privilégie la stabilité, la paix et la responsabilité du pouvoir.

L’islam comme référence est aux antipodes du terrorisme :
le terrorisme détruit la société, l’islam la préserve.
Le terrorisme adore le chaos, l’islam impose des limites morales strictes.

Assimiler l’un à l’autre n’est pas une erreur : c’est une manipulation stratégique.


3. Contre la géopolitique de la division : une géopolitique de la paix juste

La paix en islam n’est pas une capitulation.
Elle repose sur :

  • la fin des guerres par procuration,
  • le refus de l’ingérence destructrice,
  • la coopération entre peuples musulmans,
  • la résolution des conflits par la médiation et non par l’armement des factions.

Une géopolitique musulmane saine ne consiste pas à être le gendarme des puissances occidentales (cela signifie qu’un pays musulman ne doit pas faire le sale travail militaire ou sécuritaire pour des puissances occidentales (États-Unis, Europe, Israël. Autrement dit : ne pas réprimer, diviser ou combattre d’autres musulmans pour le compte ou dans l’intérêt stratégique de l’Occident ; ne pas devenir un sous-traitant militaire ou sécuritaire.), en intervenant contre d’autres peuples musulmans pour protéger leurs intérêts géopolitiques.), ni à acheter une respectabilité internationale au prix du sang des peuples musulman (Cela veut dire : ne pas chercher à être « bien vu » par l’Occident, à être considéré comme un pays « fréquentable », « moderne » ou « modéré », en échange de guerres, de coups d’État, de divisions et de violences touchant d’autres sociétés musulmanes.).

Bref, un État musulman ne doit ni combattre d’autres musulmans pour satisfaire l’Occident, ni gagner sa reconnaissance internationale en participant à leur destruction comme c'est le cas avec les E.A.U qui tentent de détruire le Soudan, le Yémen, la Somalie, etc.


4. L’« islam politique » : un mot pour masquer la peur de l’unité

Ce que certains appellent « islam politique » n’est souvent rien d’autre que :

  • la volonté d’un peuple de rester souverain,
  • le refus de se voir imposer des modèles étrangers,
  • le désir d’une gouvernance enracinée dans des valeurs morales fortes, Musulmanes.

Ce terme sert à délégitimer toute alternative musulmane unificatrice, car l’unité fait peur à ceux dont la puissance repose sur la division. Ainsi les Musulmans qui évoquent l'idée d'union autour des Valeurs Musulmanes sont de facto qualifiées de Frères Musulmans, de Salafistes, de Wahhabites, d'intégristes, etc.


5. Une voie musulmane : union, dignité et responsabilité

La véritable alternative au plan Yinon et aux politiques de fragmentation n’est pas un bloc idéologique rigide, mais :

  • l’union des peuples musulmans,
  • une référence assumée à l’islam comme cadre moral,
  • le rejet clair du terrorisme et du chaos,
  • une diplomatie de paix, de souveraineté et de justice.

➡️ Une géopolitique musulmane authentique n’est ni expansionniste ni destructrice. Elle est protectrice, stabilisatrice et civilisationnelle.


Conclusion

Face aux stratégies qui divisent, morcellent et opposent les musulmans entre eux, la réponse n’est pas la peur de l’islam, mais le retour à son essence :
unité, justice, paix, dignité et responsabilité.

Allah Le Sublime Dit : « Et cramponnez-vous tous ensemble au Câble d’Allah et ne vous divisez pas. » Sourate Âl-ʿImrân (3), verset 103

C’est cette voie — et uniquement celle-là — qui constitue une réponse crédible, durable et humaine aux projets de domination et de fragmentation du monde musulman.



L’ingérence idéologique des Émirats arabes unis en France

Quand la lutte contre l’« islam politique » alimente l’islamophobie.

Depuis plusieurs années, des enquêtes journalistiques et des révélations publiques ont mis en lumière un aspect préoccupant de la politique étrangère des Émirats arabes unis : leur implication idéologique et financière dans des réseaux européens, notamment en France, qui participent à la stigmatisation des musulmans et à la diffusion de discours ouvertement islamophobes.

Si ces actions sont présentées par Abu Dhabi comme une simple lutte contre « l’islam politique », leurs effets concrets dépassent largement ce cadre et contribuent à délégitimer l’islam dans son ensemble, à nourrir la peur, et à fracturer les sociétés européennes.

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1. De la lutte contre les Frères musulmans à l’exportation d’un narratif hostile à l’islam

La politique émiratie repose sur une obsession centrale : l’éradication de toute référence politique, sociale ou intellectuelle à l’islam, en particulier celle associée aux Frères musulmans.

Cette stratégie, appliquée brutalement au Moyen-Orient et en Afrique, a été exportée en Europe, où elle s’est traduite par :

  • le soutien à des think tanks,
  • la promotion de discours sécuritaires alarmistes,
  • des campagnes médiatiques assimilant islam, radicalité et danger civilisationnel.

En France, ce narratif a trouvé un terrain favorable dans un climat déjà marqué par :

  • des débats identitaires tendus,
  • une instrumentalisation politique de la laïcité,
  • une confusion entretenue entre islam, terrorisme et immigration.
Le terrorisme est-il réellement “islam-iste” ? L’Islam, éternel suspect ? Le piège du discours culturaliste
Blâmer une “culture”, une religion avec la calomnie demande moins de courage que de regarder sa propre politique étrangère dans un miroir.

2. Financements, réseaux d’influence et soupçons documentés

Plusieurs investigations ont évoqué :

  • des campagnes de lobbying et de communication menées depuis Abu Dhabi en Europe,
  • des opérations de dénigrement visant le Qatar, la Turquie, mais aussi des organisations musulmanes françaises,
  • des soupçons de financement indirect de cercles politiques et médiatiques proches de l’extrême droite ou de courants ouvertement hostiles à l’islam.

L’affaire dite des « Abu Dhabi Secrets » a notamment révélé l’existence de stratégies coordonnées de désinformation et d’influence, destinées à orienter le débat public européen contre toute expression musulmane autonome.

Même lorsque les procédures judiciaires ne débouchent pas sur des condamnations définitives, le faisceau d’indices, de témoignages et de documents est suffisamment grave pour poser un problème démocratique majeur.


3. Une islamophobie indirecte mais bien réelle

Les Émirats n’ont pas besoin de financer explicitement des discours haineux pour produire des effets islamophobes.

Il suffit de :

  • promouvoir l’idée que toute visibilité musulmane est une menace,
  • encourager des lois d’exception ciblant les musulmans,
  • légitimer des politiques de surveillance, d’exclusion et de suspicion permanente.

👉 Le résultat est clair :
les musulmans de France deviennent des dommages collatéraux d’une guerre idéologique étrangère, menée au nom de la « modération » et de la « stabilité », mais vécue sur le terrain comme une stigmatisation quotidienne. Elle motive des politiques à aller encore plus loin dans l'ignominie islamophobe.

La chasse aux bouteilles d’eau - RATP - France : quand la lutte contre ledit « islamisme » vire au ridicule islamophobe
https://ko-fi.com/parolemusulmane

4. Une ingérence inacceptable dans la vie politique française

Qu’un État étranger cherche à influencer le débat public français — en particulier sur une question aussi sensible que l’islam — constitue une atteinte directe à la souveraineté intellectuelle et démocratique.

La France n’a pas à devenir :

  • le champ de bataille idéologique des rivalités du Golfe,
  • ni un laboratoire pour des stratégies visant à dresser les citoyens les uns contre les autres.

Exporter en France les méthodes de division appliquées au Yémen, au Soudan ou en Libye est moralement condamnable et politiquement dangereux.


5. Condamnation claire et nécessaire

Il faut le dire sans détour :

Toute politique étrangère qui alimente l’islamophobie, même indirectement, est une politique injuste, irresponsable et contraire aux principes fondamentaux de paix et de dignité humaine.

La lutte contre le terrorisme ne justifie jamais :

  • la diabolisation d’une religion,
  • l’amalgame entre foi et violence,
  • le financement ou le soutien de discours haineux.

Conclusion : pour une relation fondée sur le respect, non sur la division

Les relations internationales doivent reposer sur :

  • le respect des peuples,
  • la non-ingérence idéologique,
  • la coopération et non la stigmatisation.

Les musulmans de France n’ont pas à payer le prix d’une guerre géopolitique qui n’est pas la leur.

➡️ Condamner ces pratiques, ce n’est pas s’opposer à un État, c’est défendre la justice, la vérité et la paix sociale.


Arabie saoudite – Pakistan – Turquie : une convergence discrète, peut-être une bonne nouvelle

Depuis quelque temps, une convergence stratégique prudente se dessine entre Arabie saoudite, Pakistan et, de manière plus nuancée, Turquie.
Il ne s’agit pas d’une alliance formelle, mais d’un rapprochement pragmatique fondé sur des intérêts communs : stabilité régionale, dissuasion crédible et réduction des guerres par procuration.

Si cette dynamique se confirme, elle pourrait représenter une évolution positive dans un Moyen-Orient et un espace musulman longtemps fragilisés par les politiques de division.


Une alternative aux stratégies de fragmentation

Ce rapprochement potentiel intervient dans un contexte marqué par des stratégies de morcellement des pays musulmans — qu’elles soient théorisées dans des plans de fragmentation régionale ou mises en œuvre par des politiques interventionnistes récentes. En ce sens, une coordination entre Riyad, Islamabad et Ankara pourrait affaiblir les logiques de chaos, de séparatisme et de conflits instrumentalisés. Si Allah Le Sublime Le Permet.


Une réponse à la politique de la division et de la haine

L’émergence de ce pôle pourrait également réduire l’influence de politiques agressives fondées sur :

  • la diabolisation de toute référence islamique,
  • la guerre par procuration entre musulmans,
  • l’exportation de discours hostiles et polarisants, y compris en Europe.

Sans rompre avec l’Occident, cette convergence vise plutôt à reprendre la main sur la sécurité régionale, en privilégiant la stabilité, la souveraineté et la coopération entre États musulmans.


Une opportunité à saisir, sans naïveté

Rien n’est acquis. Les divergences existent et les intérêts nationaux demeurent. Mais l’idée même d’une coordination musulmane souveraine — militaire, diplomatique et stratégique — constitue déjà un signal encourageant.

➡️ Si elle se consolide, cette dynamique pourrait :

  • affaiblir durablement les stratégies de haine et de division,
  • contenir les politiques de fragmentation,
  • ouvrir la voie à une géopolitique plus unie, responsable et pacifiée.

En ce sens, oui : c’est peut-être une bonne nouvelle pour les peuples musulmans et pour la stabilité régionale.


Guerre froide, guerres par procuration et l’expérience tragique du monde musulman

Dans l’histoire récente, la période dite de la guerre froide (1947-1991) a été marquée par une rivalité intense entre deux superpuissances, les États-Unis et l’URSS, qui ne s’affrontaient presque jamais directement sur le champ de bataille mais se disputaient l’influence mondiale par des conflits tiers. Ce type de confrontation, qualifié de guerres par procuration, a vu des puissances extérieures utiliser des acteurs locaux pour poursuivre leurs objectifs idéologiques et géopolitiques, sans assumer directement les coûts humains et politiques de la guerre.

Les pays du monde musulman ont été particulièrement exposés à ces logiques. Ainsi, la guerre d’Afghanistan (1979-1989) — l’une des phases majeures de la guerre froide — a été alimentée par l’URSS d’un côté et par une coalition incluant les États-Unis, soutenant des mouvements de résistance locaux pour faire plier l’adversaire soviétique. Ces conflits ont entraîné des millions de morts, de blessés et de déplacés, ainsi que des traumatismes sociaux durables dans des sociétés prises au piège de logiques étrangères de puissance.


Vers un nouveau contexte global instable

Aujourd’hui, alors que les États-Unis sont engagés dans une rivalité stratégique croissante avec la Chine, et que certaines prises de position politiques occidentales — y compris sous des administrations récentes — évoquent des visées historiques controversées sur des territoires (comme le débat sur le Groenland ou d’autres zones stratégiques), le risque d’un retour aux logiques d’ingérence multipolaire existe bel et bien.
Cette compétition de puissances augmente la tentation pour certains acteurs externes de tenter de reproduire des schémas de guerre par procuration ou de pression indirecte, au détriment des populations locales.


Pourquoi le monde musulman doit tirer des leçons du passé

Face à ces dynamiques potentiellement dangereuses, la meilleure stratégie pour les pays musulmans n’est pas la peur ni la dépendance, mais la souveraineté réelle. Cette souveraineté se manifeste par :

  • des États indépendants politiquement et économiquement,
  • des forces armées capables de dissuader toute ingérence extérieure,
  • des décisions stratégiques prises par et pour les peuples concernés,
  • et non par des relais ou des proxies au service d’intérêts étrangers.

L’histoire de la guerre froide montre que les conflits par procuration s’installent là où les sociétés sont faibles, fragmentées ou incapables de se défendre. C’est précisément ce qui permet à des puissances externes d’exercer une influence disproportionnée dans des régions riches en ressources, mais fragilisées politiquement.


Dissuasion, indépendance et la paix réelle

Appeler à une armée nationale forte, à une capacité de dissuasion crédible et à l’indépendance stratégique ne signifie pas promouvoir le terrorisme ou l’agression. Au contraire :

  • La dissuasion empêche les guerres, car les puissances externes sont moins enclines à agir militairement contre un adversaire capable de leur infliger des pertes significatives.
  • Une défense nationale solide protège la paix interne et régionale, car elle n’a pas besoin de recourir à des guerres par procuration ou à des alliances déséquilibrées pour survivre.

Comme l’ont souvent souligné des penseurs politiques occidentaux sur la dissuasion, une capacité défensive robuste est l’un des piliers de la stabilité internationale — réaliste, rationnelle et factuelle dans les études sur les relations internationales :

« La dissuasion empêche l’escalade par la certitude des coûts pour l’agresseur. » — concept central dans la théorie stratégique moderne.

La souveraineté réelle et la dissuasion ne sont pas des formes de terrorisme. Elles se situent à l’opposé : elles sont des moyens de prévenir les guerres, de protéger les populations civiles et de mettre fin aux ingérences destructrices qui ont fait tant de victimes dans le passé.


Conclusion : tirer les leçons pour éviter la répétition

La période de la guerre froide et ses guerres par procuration ont démontré à quel point les peuples faibles paient le prix fort des rivalités des puissances.
Pour que cela ne se reproduise plus, il est impératif que les pays musulmans :

  • construisent leur indépendance stratégique,
  • renforcent leur souveraineté politique,
  • développent des capacités de défense crédibles,
  • et favorisent des alliances basées sur le respect mutuel, non la subordination. Et les Valeurs Musulmanes permettent justement cela.

Ce n’est pas une course aux armes pour provoquer des conflits, mais une volonté ferme d’assurer la paix par la force dissuasive, la dignité et l’autodétermination.