Sourate Al-Hujurât (49), verset 13

« Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. »

Sourate Al-Hujurât (49), verset 11

« Ô vous qui avez cru ! Qu’un groupe ne se moque pas d’un autre groupe ; ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. »

Certaines prises de parole récentes sur les réseaux sociaux, visant des musulmans convertis en France, méritent une réponse claire, posée et rigoureuse. Non par esprit de polémique, mais par souci de vérité, de justice et de préservation de l’éthique islamique. De la Fraternité en Islam.

Les propos en question ne relèvent pas d’un simple désaccord intellectuel : ils charrient des sous-entendus racistes, des amalgames historiques fallacieux, et parfois même une logique proche du takfîr, ce qui est extrêmement grave.

1. Mettre « musulmans » entre guillemets ici : un glissement vers le takfîr gravissime

Employer le terme « musulmans » entre guillemets pour désigner des convertis n’est pas anodin. C’est une manière insidieuse de remettre en cause leur islam, de suggérer qu’ils seraient des musulmans de seconde zone, ou pire : de faux musulmans.

Or, en islam, le takfîr avec exagération et illégitime est un crime spirituel, sévèrement condamné. Le Prophète ﷺ a mis en garde contre le fait de traiter un croyant de mécréant, car cette accusation peut se retourner contre celui qui la profère.

Derrière ces guillemets se cache une vision ethnicisée de l’islam, comme si l’appartenance religieuse devait passer par une origine, une culture ou une couleur de peau. Cette logique est étrangère à l’islam.

L’islam n’est pas une ethnie.
L’islam n’est pas une culture unique.
L’islam n’est pas un héritage racial.

Sourate Âl-‘Imrân (3), verset 103

« Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d’Allah, et ne soyez pas divisés. »

2. Islam français : un faux procès

Il n’est nullement question de créer un « islam français » au sens idéologique, institutionnel ou doctrinal du terme. Une telle entreprise, que personne n’ignore, relèverait d’une autre religion, d’une altération de l’islam, voire d’une apostasie déguisée sous l’étiquette islamique. Accuser ceux qui rejettent cette dérive d’y adhérer malgré tout relève donc d’une caricature malhonnête, intellectuellement faible et profondément injuste.

Ce qui est revendiqué par beaucoup de musulmans – convertis ou non – est simplement ceci :
👉 Ne pas sombrer dans un rejet systématique de tout ce qui est français, dès lors que cela ne contredit pas l’islam.

Être musulman en France ne signifie pas haïr la langue française, la culture locale, l’histoire du pays ou ses usages licites. L’islam n’a jamais exigé l’effacement des identités culturelles lorsqu’elles ne s’opposent pas à la religion.

3. La culture maghrébine n’est pas l’islam – et elle n’est pas rejetée

Il est important d’être clair :
👉 La culture maghrébine est belle, riche et respectable.
👉 Elle n’est pas rejetée.

Mais elle n’est pas l’islam lui-même.

Un converti français n’a pas à être “maghrébinisé” pour être un bon musulman.
Devenir musulman ne signifie pas :

  • s’habiller obligatoirement en djellaba,
  • adopter un accent,
  • importer des codes culturels étrangers à son milieu,
  • abandonner toute tradition locale licite.

L’islam est venu guider, non éradiquer.
Il purifie les traditions, il ne les anéantit pas lorsqu’elles sont saines.

4. L’instrumentalisation honteuse des batailles de l’islam

Évoquer le fait que des compagnons aient combattu leurs proches est une manipulation historique grave.

Ce fait renvoie à un contexte précis, celui des premières persécutions, de la guerre déclarée contre les musulmans, notamment lors de Badr.
Cela n’a strictement rien à voir avec la France, ni avec la situation actuelle des musulmans français.

Transposer ce récit à notre contexte relève soit de l’ignorance, soit d’une rhétorique dangereuse.

En France, les musulmans sont appelés à être dans un esprit de Da'wah, de patience, de bon comportement, de sagesse – pas de violence.

5. Une parole nourrie par la haine, pas par la sagesse

Ce qui transparaît dans ces propos, ce n’est ni la science, ni la jalousie pour l’islam (ghayrah), mais une aigreur identitaire, nourrie par la colère et la division.

Or le musulman est appelé à bâtir sa Da'wah par :

  • le bon comportement,
  • la justice,
  • la miséricorde,
  • l’exemplarité.

Vivre en France impose aussi une responsabilité morale : ne pas attiser les tensions, ne pas essentialiser, ne pas importer des conflits imaginaires.

6. Mise en garde contre le nationalisme religieux et identitaire

Il est nécessaire d’alerter tout le monde, y compris certains convertis :
👉 La mise en avant obsessionnelle d’un projet « de convertis pour les convertis » est une absurdité. Je parle bien d’une démarche obsessionnelle, car il peut évidemment exister des projets portés par des convertis à destination des convertis, notamment pour les accompagner dans les débuts d’un islam nouvellement découvert. Cela est légitime et même nécessaire. En revanche, faire de cette approche une logique exclusive ou identitaire constitue une dérive qui appelle à la vigilance.

Cela donne l’impression d’exclure la majorité des musulmans, quand c'est obsessionnelle, et ouvre la porte à une forme de nationalisme religieux, que le Prophète ﷺ a explicitement condamné.

Mais cette mise en garde vaut aussi pour toutes les origines :
le nationalisme maghrébin, arabe, turc ou autre, lorsqu’il devient identitaire et dominateur, obsessionnelle, est tout aussi dangereux. Il divise.

L’islam a libéré les peuples du tribalisme, il n’est pas venu le recycler sous une forme religieuse.

7. Les musulmans français sont divers – et c’est une richesse

Les musulmans de France sont :

  • convertis,
  • descendants d’immigration,
  • africains, arabes, européens, asiatiques,
  • issus de milieux populaires comme intellectuels.

Vouloir mettre en avant un seul groupe au détriment des autres est une trahison de l’esprit islamique.

La fraternité musulmane ne se construit ni contre les convertis, ni contre les maghrébins, ni contre qui que ce soit – mais sur la foi, la piété et le comportement.


Conclusion

Ces propos, présents dans le tweet ci-dessus, ne défendent pas l’islam.
Ils l’enferment dans une vision raciale, conflictuelle et haineuse.

L’islam n’est pas menacé par la diversité des musulmans en France.
Il est menacé par l’ignorance, la division et la haine déguisée en rigorisme.

La Da'wah sincère se construit par la sagesse, non par l’exclusion.
Par la vérité, non par les amalgames.
Par la miséricorde, non par la suspicion.

Et c’est à cela que les musulmans de France, quels qu’ils soient, doivent s’attacher.


Lien de soutien : https://ko-fi.com/parolemusulmane


En 2025, il est donc profondément regrettable de voir encore certains musulmans opposer les convertis aux musulmans issus de l’immigration, comme si l’islam appartenait à une ethnie ou à une culture particulière. Le Prophète ﷺ n’a jamais bâti sa Da'wah sur la division, mais sur l’unité de la foi, le bon comportement et la sagesse.

Les convertis n’ont pas à être culpabilisés, soupçonnés ou sommés de prouver leur légitimité. L’islam n’est ni maghrébin, ni français, ni arabe : il est universel, et c’est Allah seul qui guide les cœurs. Opposer les musulmans entre eux, nourrir la rancœur ou instrumentaliser la religion pour régler des frustrations identitaires est une injustice grave et une faute morale.

Maghrébins, convertis, Africains, Turcs, Asiatiques ou Européens : nous formons une seule communauté, diverse mais unie par la même croyance. La Da'wah en France ne se construira ni par la suspicion ni par l’exclusion, mais par la fraternité, l’exemplarité et la miséricorde.

Force à tous les musulmans sincères. L’islam nous rassemble — ne le laissons pas être défiguré par la division.


Mise en garde : quand l’extrême droite s’infiltre dans le discours religieux

Sourate Al-An‘âm (6), verset 159

« Ceux qui ont divisé leur religion et se sont constitués en groupes, tu n’as rien à voir avec eux. Leur affaire appartient à Allah. »

Il existe aujourd’hui un danger réel et souvent sous-estimé : celui d’un musulman qui adopte des idées d’extrême droite, fondées sur la notion d’« élite française de souche » et sur le fantasme d’un départ massif des musulmans de France, y compris de ceux qui sont français mais d’origine étrangère.

Un tel discours conduit à sa propre destruction. L’islam n’a jamais été bâti sur la pureté ethnique, ni sur l’exclusion des peuples, mais sur une communauté de foi ouverte, diverse et vivante.

En réalité, promouvoir l’idée d’un islam réduit à un petit groupe de convertis « sélectionnés » revient à fragiliser durablement la présence musulmane : sans la masse des musulmans, sans la transmission familiale, sociale et communautaire, un groupe fermé de convertis finirait inévitablement par s’éteindre avec le temps sous la pression de tout un système que l'on connaît islamophobe.

Adopter les grilles de lecture de l’extrême droite, même sous un vernis religieux, revient à faire le jeu de ceux qui souhaitent l’effacement de l’islam en France. C’est une illusion dangereuse, contraire à la Sunna, à la sagesse et à l’intérêt même de la communauté musulmane.

L’islam se protège par la Foi, la Croyance Authentique, l’unité, la justice, la fraternité, et la miséricorde — jamais par la sélection ethnique ni par l’exclusion.


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Sourate Al-Hujurât (49), verset 10

« Les croyants ne sont que des frères. Établissez donc la paix entre vos frères. »

Sourate Al-Baqarah (2), verset 143

« Ainsi, Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu. »

Sourate Al-Anbiyâ’ (21), verset 107

« Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’univers. »

Il est d’ailleurs essentiel de rappeler que les Compagnons du Prophète ﷺ n’ont jamais été qualifiés de « convertis » toute leur vie, alors que tous l’étaient à l’origine. La conversion désigne une étape, un commencement, non une identité permanente. Après l’entrée en islam, il n’y a plus de « converti » et de « natif » : il n’y a que des musulmans.

Le terme « converti » peut avoir un sens légitime lorsqu’il désigne les débuts d’un parcours religieux. En revanche, lorsqu’il est employé de manière insistante et durable, avec une intention de distinction ou de mise à l’écart, il cesse d’être descriptif et devient problématique. À ce stade, il ne sert plus à informer, mais à maintenir une frontière artificielle entre des musulmans qui partagent pourtant la même foi depuis des décennies.

Votre frère, Froment Mickaël